logoarticle   08/08/2007


2004 01Francis et moi nous connaissons depuis peu, mais la même passion pour les flots bleus nous anime. Les conversations de navigation sont fréquentes lors de nos tête-à-tête ! Mais sommes-nous faits pour nous entendre sur l’eau ?

Décision de louer un monocoque pour un long week-end : un Gibsea 41, son nom : TAMALOU. En novembre dans le sud de la France ? Eh oui... vite, nous voulons savoir ! La première nuit fut très fraîche, les deux jours suivants un délice même si la météo annoncée était très défavorable. Francis dans son rôle de Captain et Agnès dans son rôle de Ti Mouss avec une belle complicité. Conclusion, première navigation très sympa. Ouf !

 

 

Album Photos Novembre 2004

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Album Photos
Grenadines Février 2005

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Captain Francis


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Ti Mouss Agnès


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Aurélie et Olivier


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Grenadines 400Cela fait déjà plusieurs mois (août 2004) que nous pensons et préparons ce voyage. Après avoir déterminé la destination, choisi de louer un bateau avec moi et Ti Mouss pour équipage, nous nous sommes mis en quête du bateau dans les limites du budget que nous nous étions fixées. Très rapidement, nous avons pris contact avec Jérôme, propriétaire d’un Sun Odyssey 40 basé au port de plaisance du Marin en Martinique. Les premiers contacts sympathiques n’ont fait qu’accroître notre envie de naviguer dans l’Archipel des Grenadines. Bonne nouvelle, Aurélie (ma fille) et Olivier (son ami) se joignent à nous ; cela devient de la navigation en famille et l’expérience à la mer d’Olivier ne sera pas de trop !

L’automne et une partie de l’hiver se sont déroulés à racheter un peu d’équipement, des cartes pour préparer notre parcours et évidemment le Pilote côtier d’Alain RONDEAU sur la région. La lecture de cet ouvrage ainsi que la visite de nombreux sites internet nous ont permis d’accéder à une foule d’informations très utiles, de choisir notre parcours, de déterminer les mouillages les plus intéressants. Le départ est proche, l’avitaillement a été commandé via internet, la météo est exécrable en France depuis plusieurs jours déjà ; la neige est là, couvrant tout et rendant la circulation très difficile. De plus, des grèves à Orly menacent de perturber les vols.

Jeudi 24 février

L’ambiance est au top ! Aurélie est arrivée un peu avant le départ, mais Olivier débarque de son bateau à Cherbourg le jeudi soir pour un décollage d’Orly le lendemain matin. Les routes sont enneigées, nous suivons la situation à partir des webcams en place sur les autoroutes. Olivier arrive épuisé à 1 h du matin.

Vendredi 25 février

Il est temps d’évacuer le stress des derniers jours, il ne neige plus, les grèves sont suspendues, nous sommes dans l’avion vers 13 h pour 8 h de vol qui nous emmènent vers des cieux plus cléments. Arrivée vers 17 h locales, une chaleur moite nous saisit au sortir de l’avion et Jérôme nous prend en main et nous emmène au Marin. Découverte du bateau qui danse mollement sur ses amarres (Zo' Lou), inventaire rapide avant un premier ti punch au Ti'Toque, lequel nous invite à aller prendre du repos à bord.

Samedi 26 février

Le temps est calme et le soleil monte dans l’azur tandis que du bruit commence à animer le cockpit. La matinée se passe entre les formalités de douane, l’embarquement et le rangement de l’avitaillement, le renouvellement des pleins. Nous décollons enfin du ponton vers 14 h pour une première navigation vers le mouillage de Sainte-Anne. Le chenalage de sortie est facile et nous mouillons notre pioche dans une anse encombrée. Ti-punch et dîner vont nous aider à prendre notre décision : partir ce soir ou attendre le lendemain matin. Tandis que le crépuscule envahit le ciel, de nombreux voiliers quittent le mouillage, direction le sud, et nous décidons d’en faire autant. La météo est clémente et les quarts en couple sont répartis, le moral est bon. Captain et Ti Mouss jusqu’à 2 h, suivis d’Aurélie et olivier jusqu’à 5 h et ainsi de suite. Zo'Lou quitte son mouillage et glisse tranquille sur l’eau, génois plus GV un ris pour éviter les surprises dans le canal de Sainte-Lucie. Nous avons fait le bon choix, nous trouvons effectivement 20 à 25 nd dans le Canal et des creux de 2,50 m à 3 m ; le bateau tient bien au bon plein même s’il faut rester attentif, le pilote automatique ayant décroché deux ou trois fois. Les milles s’égrènent tandis qu’une forte dérive doit être corrigée pour contrer le courant traversier dans le Canal. La situation se calmera sous le vent de Sainte-Lucie.

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Dimanche 27 février

Nous sommes sous le vent de Sainte-Lucie, pas fâchés d’être sortis des eaux du Canal. Naviguant à environ cinq milles de la côte, nous ne sommes pas dans la pétole et maintenons une bonne allure. Relève de quart par Olivier et Aurélie. La mer est belle. Il nous faudra pourtant passer au moteur, le vent étant complètement tombé vers 4 h avant de se lever de nouveau dès l’entrée dans le Canal de Saint-Vincent. Mêmes dispositions, mais la traversée du Canal est un peu plus longue. Nous retrouvons la pétole sous le vent de Saint-Vincent puis le même scénario se reproduit dans le chenal de Bequia. Nous entrons enfin dans Admiralty Bay vers 12 h, guidés par un local vers une bouée disponible (15 US $ la journée). Rituel du pavillon de courtoisie, nous avons déjà repéré le « Bel Espoir » à quai à quelques encablures. Aurélie et Olivier vont à terre après avoir trouvé un « water taxi », le moteur de l’annexe refusant de démarrer. Finalement, un mécano local trouvera l’origine de la panne (avec le coupe-circuit en place, le moteur démarre tout de suite, c’est dingue !). Quant à nous, nous prenons du repos au mouillage.

2005 01Lundi 28 février

Nous quittons Bequia vers 10 h 30 après le plein d’eau, Vent E4-5, mer belle, visibilité 20 MN et passons devant Petit-Nevis, Moustique et Canouan avant d’arriver vers 14 h à Mayreau pour mouiller à Salt Whistle Bay. Le site est superbe, seulement trois voiliers au mouillage. Nous profitons des premières baignades. Kojak arrive dans son canot et nous propose des langoustes. Notre choix se porte sur deux d’entre elles qu’il ira nous cuisiner au barbecue sur la plage avant de nous les apporter à bord. Dîner succulent !

Mardi 01 mars

Il est temps de rejoindre les Tobago cayes, le fleuron des Grenadines. La navigation est courte et la tension monte un peu dans le chenal entre Petit-Bateau et Petit-Rameau. Nous trouvons un mouillage entre Jamesby, Petit-Bateau et Baradal. Nous ne sommes pas seuls, mais c’est tellement beau ! Nous faisons face au récif et nous apercevons dans l’ouest Petit-Tabac. Le mouillage est un peu venté, mais les fonds sont de bonne tenue. La journée se passe dans l’eau et sous l’eau. Des orages menacent en fin d’après-midi et nous en profitons pour nous apaiser avec des bananes flambées.

Mercredi 02 mars

Encore une matinée à profiter des beautés de l’endroit et de sa faune sous-marine avant de partir vers Palm Island que nous atteindrons dans l’après-midi. Le mouillage est un peu rouleur devant le Palm Island Resort mais ses banana colada sont super bons. La nuit ne sera pas géniale en raison de la houle discrète, mais tout de même présente.

Jeudi 3 mars

Nous partons avec une petite brise vers Morpion, un ilôt mouchoir de poche, mais incontournable. Le mouillage est correct à l’extérieur du récif et nous filons en annexe entre les patates de corail pour poser le pied sur ce minuscule îlot. Nous y sommes seuls, il est pour nous. Dans l’après-midi, nous laissons Morpion pour tirer quelques bords juste pour le plaisir avant de nous rapprocher de Petit Saint-Vincent. Accostés par un pêcheur, nous achetons notre repas du soir qui sera composé de poissons (Red Snaper) grillés au barbecue du bord. Au crépuscule, nous prenons un mouillage forain sous le vent de Petit Saint-Vincent en espérant qu’il soit moins rouleur que la nuit précédente.


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Vendredi 4 mars

Un magnifique arc-en-ciel illumine notre petit-déjeuner. Dans la matinée, nous filons vers Petite Martinique pour y refaire les pleins et compléter l’avitaillement. C’est la première île de l’archipel de Grenade. Changement de pavillon, nous descendons à terre dans une île où le temps semble prendre le temps. Tout est calme sous le soleil. En pleine chaleur, nous réussissons à trouver un (le) supermarché, petite boutique ravitaillée au lance-pierre. Pas de légumes ni de fruits ! Nous croisons quelques gamins et trouvons enfin de quoi nous rafraîchir au Palm Beach Restaurant, au bord de l’eau, tandis que Coco le perroquet fait le spectacle. Pas de richesse ici, mais pas de pauvreté non plus ; les gens sont souriants et nous profitons de cette tranquillité qui nous est offerte. Aurélie et Olivier attendent l’ouverture incertaine de la poste. Nous refaisons les pleins d’eau et de gasoil tandis que l’après-midi avance avant de repartir vers Sandy Island et Carriacou. Déception pour la première, le dernier cyclone (Ivan) a fait complètement disparaître toute trace de végétation y compris les quelques cocotiers censés se trouver là. Nous n’y aborderons pas et filons vers notre mouillage du soir à Tyrrel Bay. Arrivée tranquille dans cette baie bien abritée. Nous succomberons à la demande d’un water-boy qui nous propose une bouteille de sauvignon chilien… et ne dormirons que tardivement, bercés par les steel band jouant sur la plage ce soir-là.

Samedi 5 mars

Le parcours s’infléchit maintenant vers le nord pour se rapprocher de nouveau du Marin. Nous faisons route au près vers Moustique avec une belle brise pendant près de cinq heures, apercevrons quelques tortues et sommes gagnés par un peu de nostalgie. L’air de rien, nous remontons… Soudain, la ligne de traîne marque une tension plus forte tandis qu’un joli barracuda s’est pris au leurre. Il arrive à point nommé pour le prochain dîner ! En attendant, nous prenons une bouée vers midi à Moustique sans avoir vu aucun water-boy ! Le mouillage serait-il gratuit ? Nous verrons bien et allons sans délai nous baigner dans une eau turquoise sans nous poser davantage de questions. L’après-midi est consacrée à la balade à terre ainsi qu’à une visite à l’incontournable Basil’s Bar. Les bateaux des pêcheurs, les tas de lambis, la végétation et les boutiques chamarrées délivrent tout leur charme dans cette lumière éclatante sous laquelle tout se révèle.

Dimanche 6 mars

Nous quittons le mouillage à 7 h pour continuer notre remontée. Au près jusqu’à Bequia que nous laisserons sur bâbord puis largue pour rejoindre Saint-Vincent la mer se fait de nouveau houleuse dans le chenal de Bequia. Nous remontons enfin sous le vent de Saint-Vincent et passons devant la célèbre Wallilabu Bay un peu austère où a été tourné le film « Pirates des Caraïbes ». La végétation luxuriante qui tombe dans la mer et le sable noir donnent à cette côte un aspect peu hospitalier qui n’invite pas à s’arrêter dans ces lieux qui semblent si sombres. Nous filons donc vers Cumberland Bay plus au nord en espérant y finir notre journée. Cette dernière se révèle comme prévu peu aisée pour le mouillage, les fonds sont accores et il faut mouiller à la bermudienne. L’endroit est désert hormis la présence de deux vendeurs de bananes (dont Sydney le plus loquace) embarqués sur d’antiques flotteurs de planche (à voile) qui nous aideront à passer une aussière en bout de ponton. L’endroit est sombre, nous sommes seuls, nous avons acheté quelques babioles pour satisfaire les invitations très insistantes de nos deux comparses cités plus haut. Nous ne sommes pas confiants, le mouillage ne nous plait pas et nous décidons de quitter ces lieux peu engageants et de poursuivre vers le nord, vers Sainte-Lucie, île que nous avons encore le temps d’atteindre avant la nuit.
Au moteur sous le vent de Saint-Vincent nous savons que nous allons retrouver une belle brise avec une mer probablement agitée dès que nous aurons débordé la pointe nord et embouqué le canal de Saint-Vincent. La mer et le vent sont au-delà de nos espérances, nous prenons brutalement du Force 7 qui contraint les jeunes navigateurs que nous sommes à revenir nous abriter derrière la pointe pour prendre 2 ris dans la GV dans des conditions abordables pour nous. Cela fait, nous traversons ce canal dans des conditions peu agréables, l’alizé ayant perdu ici tout son charme ! Cette traversée sera l’occasion pour laisser une bouteille à la mer avec message et coordonnées à l’intention de celui qui la découvrira un jour. L’après-midi finissant, nous pénétrons dans les eaux de Sainte-Lucie et changeons de pavillon de courtoisie ; bye bye les Grenadines ! Vers 18 h, les deux pitons de Sainte-Lucie sont en vue et nous hâtons vers son mouillage. Hélas, plus aucune bouée de disponible et continuons vers le mouillage de la Soufrière que nous atteignons vingt minutes plus tard alors que le soleil tombe sur l’horizon. Tico nous guide vers une bouée pour un repos bien mérité.

Lundi 7 mars

Réveil en fanfare très tôt le matin par les coqs du village devant les masures d’une pauvreté qui tranche avec la richesse relative des villages de Martinique. Nous décidons de passer un peu de bon temps un peu plus haut à l’anse Chastanet tandis qu’Aurélie et olivier iront faire un tour à terre. En arrivant dans cette anse, un speed boat nous fait signe qu’il est interdit de mouiller, mais nous sommes sourds ou ne comprenons pas sa langue, nous ne savons pas encore. Le mouillage n’est pas sûr avec ces fonds tombants et nous restons à proximité du bateau tandis que nous nageons masque et tuba pour admirer les fonds. Vers 15 h, nous quittons l’anse Chastanet pour remonter vers Marigot Bay et y passer la nuit tranquille. Arrivés dans cette anse bien connue, Jean-Jacques nous guide vers une bouée (24 US $) où nous sommes bien installés au bord de la cocoteraie, sans avoir eu besoin d’aller au fond voir les moustiques de la mangrove. Nous passerons la soirée dans un ti resto sympathique, les fesses mouillées grâce à notre annexe quelque peu dégonflée. Nous ferons Happy hours une bonne partie de la nuit.

Mardi 8 mars

Debout très tôt, une très belle lumière envahit la baie ; le dernier run se prépare en direction de la MARTINIQUE. Nous quittons la bouée vers 10 h avant de nous faire secouer de nouveau dans le canal de Sainte-Lucie par un vent de NE5-6 et une mer en conséquence. La mer est agitée, le bateau tape dans cette mer courte, le pilote en perd la tête et il faut barrer. Des globicéphales viendront chasser le spleen qui nous envahit à proximité de la fin du voyage. Nous arrivons soulagés dans la baie de Sainte-Anne vers 15 h 30, remontons l’annexe sur le pont avant d’aller faire les pleins et d’arriver au Marin à 17 h 30. Un ti resto pour achever cette journée éprouvante nous remettra d’aplomb.

Mercredi 9 mars

Tout le monde est sur le pont à 6 h 45 pour ti dej et nettoyage en grand du bateau. Nous voulons rendre celui-ci impeccable et ne souffririons aucune observation du propriétaire. La journée s’écoulera très vite entre les formalités de douane, les achats de souvenirs, la rencontre avec un navigateur sympathique de Quimper, l’inventaire du bateau et le transit en fin d’après-midi vers l’aéroport.

Jeudi 10 mars

Nous retrouvons Paris anesthésié par les grèves, 3 °C dehors, un ciel gris plomb, mais nous avons engrangé tellement de souvenirs et n’avons plus qu’une envie : remettre ça !

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Seychelles Février 2006

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Ce voyage a été préparé durant de nombreux mois puisque les réservations ont été bouclées dès le mois d’août précédent. Notre projet visait essentiellement à naviguer sur un catamaran dans un endroit paradisiaque, mais, essayant d’être raisonnables devant le coût d’une location en bare-boat (bateau nu sans skipper avec seulement Captain et Ti Mouss à bord), nous avons décidé de partir en location à la cabine sur un catamaran d’un Tour Operator bien connu avec beaucoup de jaune. Nous avons découvert plus tard qu’il était plus réputé pour sa croissance et ses résultats annuels que pour ses résultats aux enquêtes de satisfaction Client. Ainsi, au mois d’août, nous avons réservé pour février un voyage aux Amirantes, lequel a tout d’abord été retardé puis tout simplement annulé. Nous nous sommes vus proposer à titre de remplacement un voyage dans l’archipel au nord-ouest de Mahé des Seychelles avec trois nuits d’hôtel en sus.

Nous pourrions écrire des pages sur six mois de stress, sur la prestation, l’hôtellerie de « rêve » et les pratiques commerciales. Ces pages seraient vaines et ne changeraient rien aux pratiques qui ont toujours cours. Nous préférons ainsi mettre l’accent sur les personnes qui ont sauvé ce voyage, l’ont rendu exceptionnel et enchanteur, et ce par leurs grandes qualités, leur gentillesse, leur sens du service au client, leur attachement continu à nous rendre ce séjour inoubliable. J’ai nommé Gilbert notre skipper et Rody notre cuisinier, Seychellois de pure souche.

 

 

Dimanche 12 février

Enfin, nous sommes dans un avion de la compagnie Air Seychelles affrété par Air France, pas sur une compagnie Emirati avec escale à Dubaï ! Une heure de retard à l’embarquement, mais le personnel navigant de cabine (PNC) d’Air Seychelles est très professionnel et d’une grande gentillesse.

Lundi 13 février

Après une nuit de vol, nous arrivons à Mahé à 8 h et rejoignons l’hôtel. Cette journée passera vite entre la piscine, la prise du véhicule de location avec Marcel, une première balade sur les routes de la côte nord-ouest vers Port Launay et notre première visite à la capitale Victoria.

 

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Mardi 14 février

Journée de balade sur la côte ouest de Mahé vers l’Anse soleil où se cache un petit restaurant aux plats simples, mais succulents, puis vers l’Anse Intendance, magnifique et immaculée, une des plus belles plages de l’île. Un coucher de soleil à l’Anse Takamaka entame cette soirée de St Valentin qui se terminera au bord de la piscine avec une pina colada.

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Mercredi 15 février

Le jour de l’embarquement est arrivé et nous allons découvrir notre catamaran, son équipage et les autres personnes qui vont partager avec nous cette semaine en mer. Nous rejoignons le port de plaisance de Victoria et embarquons sur un Bahia 46 de Fountaine-Pajot nommé « Plaisirs du sud ». Nous faisons connaissance avec Gilbert (skipper), Rody (cuisinier et matelot), Sabine et Didier, Françoise et Didier avec leurs enfants Anna et Hugo (les autres passagers). Nous déjeunerons rapidement avant de naviguer vers la réserve Sainte-Anne pour y passer l’après-midi. Premières baignades et premiers plaisirs. Nous y resterons au mouillage pour la nuit. Rody nous prépare un succulent poisson (un capitaine blanc) à la seychelloise pour le dîner. Nos premières impressions sont bonnes. Tous les passagers sont sympathiques et les langues se délient autour du saucisson apporté par Sabine et Didier et de notre bouteille de rhum. Oui, nous avons osé et personne ne le regrette.

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Jeudi 16 février

Ti Mouss a 46 ans, bon anniversaire tropical ; lever tôt pour filer vers l’île Praslin. Nous naviguerons au près pendant environ cinq heures pour rejoindre l’Anse Farine. Baignade et snorkeling, l’eau est magnifique, mais les fonds coralliens hélas détruits par El Niño. Quelques touffes de corail commencent à renaître sur ce qui semble un cimetière tant l’amoncellement de branches de corail brisées est impressionnant. Il ne faudra pas moins de vingt-cinq ans pour que le corail envahisse de nouveau les fonds. Des tortues à bec sont aperçues ! Nous quitterons ensuite l’Anse Farine pour rejoindre l’île Curieuse et y passer la nuit. Baignade encore avant la nuit à l’Anse St José.

Vendredi 17 février

Nous quittons l’Anse St José après un bon ti dej pour rejoindre l’île Cousin et visiter sa réserve ornithologique. Nous longerons ainsi la côte Est de Praslin et ses superbes plages. Des dauphins sont venus nous rendre visite, la mer est belle et la navigation douce et tranquille. Arrivés à Cousin, des gardes seychellois du parc viennent nous prendre dans leur speed boat pour nous déposer de façon spectaculaire sur la plage avant d’entamer la visite. Plus de 300 000 oiseaux marins vivent là et la fauvette des Seychelles tente d’éviter la disparition totale de son espèce. Les tortues géantes sont là en nombre. Que la nature est belle avec ses pailles-en-queue, ses sternes blanches et tous ces oiseaux qui nichent à même le sol en l’absence de tout prédateur. Les guides seychellois et des étudiants en ornithologie nous transmettent avec passion une partie de leur savoir. C’est à regret que nous laisserons ces passionnés à leur île pour repartir vers l’Anse Lazzio à Praslin. Nous sommes saisis par la beauté du lieu ; les blocs de granit sont posés çà et là et les eaux révèlent leurs plus belles couleurs sous la lumière changeante. Nous comprenons pourquoi ce lieu est tant fréquenté des photographes. Même Ti Mouss pause ! Nous quittons ensuite l’anse Lazzio pour rejoindre l’anse Volbert, mettre pied à terre et faire quelques courses. Nous devrions passer la nuit ici, mais le mouillage est un peu rouleur et Gilbert nous emmène alors à l’Anse Papaye à CURIEUSE (Didier ne sera ainsi pas malade). Rody nous régalera ensuite d’un plat de carangues avec un caviar d’aubergines. La soirée s’achèvera à écouter Gilbert nous conter les Seychelles tant du point de vue historique que politique. Pas si rose pour les Seychellois, mais aucune violence ni rancœur et une population bien décidée à améliorer ses conditions de vie.


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Samedi 18 février

Tout le monde quitte le catamaran pour visiter Curieuse. Agnès reste à bord avec Gilbert, ne voulant se frotter aux moustiques qui doivent peupler la mangrove en pleine épidémie de Chikungunya à la Réunion. La maladie sévit aussi aux Seychelles, mais le gouvernement communique peu sur le sujet pour ne pas tarir le flot de devises étrangères ($). Tandis que nous visitons une partie de l’île, sa mangrove et ses crabes cocos, Agnès, Gilbert et Rody retournent à l’Anse St José pour nous attendre en préparant un barbecue. Agnès a ainsi toute la baie et la plage pour elle toute seule, tout en jouant avec une tortue à bec attirée par la belle sirène. La balade dans la mangrove terminée, nous visiterons la maison du Docteur Gordon qui tenait la léproserie, avant de profiter du « bourgeois » que nous aura préparé Rody, accompagné de patates douces. Nous irons ensuite à la voile vers l’ilot Saint-Pierre (encore du snorkeling et de nombreuses tortues) avant de rejoindre le petit port de LA DIGUE sur l’île du même nom. Soirée festive pour un jour de fête nationale aux Seychelles !


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Dimanche 19 février

Cette journée sera consacrée à la visite de l’île La Digue. Nous louons des vélos et partons avec Sabine et Didier sur la côte ouest, direction Grande-Anse. Nous suivrons la devise : « dousman, dousman pas anpes arive ». Très belle plage, mais nous poursuivons nos efforts vers Anse Source d’Argent sur la côte sud-est. Nous traversons pour cela le très joli parc de Estate Union avec son cimetière colonial et sa plantation de vanille. La nature est belle sans être trop luxuriante. Nous voilà sur cette célèbre plage avec ses chaos indescriptibles plongeant dans une eau de rêve. Le Nikon sort tous ses atouts ! Facile avec ce cadre de rêve de faire de belles photos !! Nous irons ensuite nous restaurer dans un endroit fort sympathique découvert par hasard : le Château Saint-Cloud. Myriam, sa patronne, nous y accueillera fort gentiment malgré notre tenue légère. Nous repartirons ensuite vers la côte nord et terminerons l’après-midi à l’Anse Patate où Didier nous régalera, après de multiples efforts, de noix de coco ramassées sur la plage. Nous retournerons ensuite à bord de « Plaisirs du Sud » pour terminer la soirée et passer une bonne nuit au mouillage.

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Lundi 20 février

Lever tôt pour rejoindre l’île Grande Sœur avec arrêt « découverte des fonds marins » puis vers Petite sœur avant d’aller déjeuner à un mouillage de l’île Félicité. Ramassage de coquillages, rencontre d’un indonésien de Java qui garde l’unique petit hôtel souvent vide de cette île avant de filer de nouveau vers l’île Coco pour la dernière baignade du jour. Nous rejoindrons l’anse Sainte-Anne à Praslin en fin de journée par une mer houleuse à 8-9 nœuds, c’est chouette le catamaran ! Nous achèverons le foie gras apporté par Françoise et Didier en soirée avant un bon sommeil récupérateur.


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Mardi 21 février

La journée sera consacrée en matinée à la visite de la Vallée de mai, site connu pour sa forêt primaire et ses cocos de mers (coco-fesses). Balade dans cette nature luxuriante et très humide et rencontre d’un guide sympathique qui nous apprend un peu de créole et nous parle de son pays, les Seychelles. Nous rentrons au port dans un bus bondé, changeons encore quelques roupies seychelloises avant de regagner le bord. Déjeuner rapide, il nous faut mettre les voiles pour la traversée retour vers Mahé. Nous filons rapidement au bon plein, la silhouette de Praslin s’évanouit tandis que Mahé se détache déjà au-dessus de l’horizon. Une bonite se prend sur la traîne et Rody prépare déjà les sushis. Après cinq heures de navigation, nous touchons le port de Mahé et nous dirigeons vers la station pour faire le plein de gazole avant de retrouver le mouillage devant le ponton du port de plaisance. La soirée est quelque peu mélancolique, la navigation est terminée… pour cette fois. Cette semaine est passée comme l’éclair !

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Mercredi 22 février

Lever encore plus tôt pour quitter le catamaran. Une dernière photo de groupe et nos adieux à Gilbert et Rody occupent ce début de matinée. Nous regagnons l’hôtel et prenons un peu de repos en attendant que Marcel nous ramène une voiture de location qui arrive en fin de matinée. Nous faisons route vers anse Royale et déjeunons au « Kaz Kreol » tout au bord de l’eau devant un panorama superbe. Le « poisson-casier grillé » est bien cuisiné, mais pas aussi bon que celui préparé par Rody (nostalgie). Nous terminerons l’après-midi à l’Anse Forban puis au village des quatre bornes, à Takamaka avant de rentrer à l’hôtel pour un peu de repos.


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Jeudi 23 février

Encore une journée de balade par la route de sans-souci pour s’arrêter dans les plantations de thé. Le morne est dans les nuages et nous redescendons vers la côte Est pour faire un arrêt et déjeuner à Anse Etoile. Nous irons jusqu’à Beauvallon que nous trouverons sans charme. Arrêt au « Baobab pizza » où nous ferons connaissance d’une petite fille : Chloé. On dirait que les paysages ont moins de saveur, nous ne sommes pas en bateau ! Nous repassons par Victoria avant de prendre la route de la Misère pour retrouver Grande-Anse et un mystérieux policier avec qui nous échangeons quelques phrases. Nous retrouverons enfin Sabine et Didier au Barbaron’s avant d’aller dîner chez « plume » à l’anse Boileau.


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Vendredi 24 février

Le temps s’est dégradé, mais la balade reste possible. Nous tentons une sortie vers Anse Gouvernement puis takamaka, mais la mer est trop agitée. Nous retraversons l’île pour nous abriter à l’anse Royale. Baignade avant de prendre la route de la Montagne posée pour rentrer à l’hôtel.


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Samedi 25 février

La fin du séjour est proche. Nous avons rendez-vous avec Sabine et Didier pour visiter le marché de la capitale Victoria. Tandis que les étals de poissons surveillés par des aigrettes emplissent nos yeux, les senteurs des épices nous enveloppent. Il fait une chaleur sèche en ce samedi matin et nous cherchons un lieu où nous rafraîchir, mais les bars sont inexistants à Mahé. Le régime politique en place les a tous fermés il y a longtemps pour limiter les possibilités de réunion de la population… Un dernier déjeuner à notre restaurant rituel « Kaz Kreol », encore un plouf devant l’ilot Souris et une dernière balade à la plus belle anse de Mahé, l’Anse Intendance. Nous en profiterons jusqu’au coucher du soleil.


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Dimanche 26 février

Réveil à 5 h, ti dej rapide avant de rejoindre l’aéroport en bus. Nous changeons les dernières roupies de Didier tandis qu’un gros coup de fatigue nous envahit en salle d’embarquement. Décollage à 10 h 30 suivi de 11 heures de vol pour retrouver Roissy CDG, -1 °C gla gla !... Un ciel gris et froid envahit tout.

 


Bilan

Les Seychelles restent une destination exceptionnelle par la beauté des lieux, mais surtout par la gentillesse de la population. Nous souhaitons pouvoir y revenir le plus tôt possible et gardons notre préférence pour le calme tranquille et un peu déconnecté de l’île La Digue suivie de Curieuse. Séjour sur, dans et sous l’eau de toute beauté.

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Grenadines 400Une histoire à bord d’un catamaran Lagoon 380

Notre projet de vacances d’hiver 2006-2007 ne résulte pas du hasard. Il s’inscrit dans un projet plus général de départ autour du monde, et de vie à bord d’un catamaran habitable équipé pour le voyage pendant plusieurs années. Depuis trois ans, nos temps de loisirs sont orientés essentiellement à la réalisation de ce projet. Nous savons déjà après avoir fréquenté assidûment les salons nautiques, contacté les fabricants, exploré une foule de sites Internet de couples ou de familles ayant réalisé ou réalisant un projet similaire, examiné aussi nos ressources puisque « nerf de la guerre demeure nécessaire », que notre choix se portera sur un Lagoon 380 S2, catamaran qui convient le mieux à notre programme… et à nos moyens.

Ayant acquis cette certitude, ayant déjà loué plusieurs monocoques, embarqué sur un Bahia 46 par l’intermédiaire d’un opérateur de voyage, et plus qu’un essai rapide de quelques heures organisé par un constructeur ou un éventuel vendeur, il nous est apparu qu’il nous fallait rechercher l’oiseau rare, le propriétaire de catamaran Lagoon 380, parti depuis déjà plusieurs mois, ayant fiabilisé son bateau, qui nous accepterait à son bord, nous permettant ainsi de voir ce catamaran dans des conditions variées et de bénéficier de son retour d’expérience, le tout sur une durée de deux semaines.

Nous avons ainsi rencontré Claude, avec qui nous avons embarqué sur Sillage 1 pendant deux semaines au départ du port du Marin en Martinique à destination des Îles Grenadines baignées à cette époque de l’année par des alizés bien établis et soutenus.

 

Samedi 3 février

Les sacs souples sont prêts et nous prenons un vol AF pour la Martinique d’une durée de 8 heures environ. L’atterrissage est comme le vol, impeccable, et une volée d’applaudissements saluent le Commandant de bord. Une chaleur moite nous attend à la sortie de la carlingue, c’est du moins ce que nous pensons avant de constater notre erreur. Il fait bon, aux alentours de 26 ° C et l’humidité n’est pas au rendez-vous. Les formalités de police sont effectuées rapidement tandis que nous cherchons déjà Claude, notre Capitaine, du regard. Il est là, et déjà nous emporte pour les quelques km qui nous séparent du mouillage du Marin. L’homme est d’abord agréable, les premiers mots sont échangés et une première impression se dégage : il est probable que le courant passe ! Un arrêt rapide pour compléter l’avitaillement avec des légumes et des fruits frais et c’est déjà le transfert en annexe à fond rigide vers la zone de mouillage occupée par une quantité de monocoques (souvent dénommés traîne-plomb) ainsi que plusieurs catamarans. Nous voyons déjà Sillage 1 (normal pour des personnes qui aspirent à en posséder un), ses coques accueillantes, ses spacieux cockpit et carré, ses voiles bien enroulées ou rangées, ses drisses, écoutes et bosses correctement lovées à leurs postes de repos tandis que sur les filières ou balcons sont arrimés par des nd de cabestan d’autres bouts ayant chacun un usage bien précis résultant de l’expérience de son Capitaine. Organisé le patron ! C’est l’heure de faire davantage connaissance autour d’un ti' punch, de découvrir l’homme, de nous révéler un peu aussi ; la soirée est conviviale ; les questions fendent l’air, nombreuses et variées, mais focalisant sur l’objet de nos rêves : le Lagoon 380 et la vie à bord. Nos appréhensions se sont envolées.

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Dimanche 4 février

Premier petit déjeuner dans le cockpit avant un dernier tour à terre pour complément d’avitaillement et formalités de douane. Il est temps de filer vers l’anse de Sainte-Anne en sortie du Cul-de-sac du Marin ; le robuste guindeau CAYMAN ramène les trente mètres de chaîne ainsi que l’ancre DELTA et c’est sous génois seul que nous embouquons le chenal de sortie, propulsés par une belle brise à la vitesse de 7 nd. Le chenalage est simple ; encore faut-il ne pas oublier que nous sommes en zone B (Amériques, Antilles, Pacifique, Japon, Corée, Philippines) : on balise (à l’inverse de nos chenaux en métropole) dans le sens de la sortie. La bouée verte est cylindrique et la rouge est conique. Nous mouillons à deux encablures de la bande littorale des 300 m. Repos à bord.

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Lundi 5 février

Le beau temps est là. Une petite balade au bourg de Sainte-Anne, sa mairie arborant le pavillon indépendantiste et les idées de son élu, son petit marché haut en couleur avec Monique et ses produits miracles et il est temps de lever l’ancre vers Sainte-Lucie, l’île la plus voisine au sud. Il y a bien sûr le « canal » à franchir et environ une trentaine de milles jusqu’à Marigot Bay. Agnès s’amarine doucement et la mer dans le canal est relativement clémente pour cette fois. Le bateau est bien dans son élément et nous arriverons à destination vers 16 h, poussés bâbord amures à 8 nd sous Gv0 gen par un bel alizé. Marigot Bay est un bon abri sous le vent de Sainte-Lucie et nous mouillons sur le côté gauche de l’entrée du chenal. Baignade rapide, visite en annexe et c’est déjà « happy hour », la nuit tombe. Juste le temps d’accoster un ponton et de se rendre au « Château Mygo » pour un rafraîchissement suivi d’un dîner de filets de daurade coryphène. L’air du soir est doux, et nous rentrons à bord, satisfaits de cette première journée de navigation. Surprise du jour : on capte Internet en Wifi au mouillage !

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Mardi 6 février

Il nous faut continuer notre descente vers l’archipel des Grenadines et l’étape du jour est Cumberland Bay sous le vent de l’île de Saint-Vincent, à environ 90 milles. Le départ est prévu de bonne heure pour arriver en milieu d’après-midi. Le temps est maussade et il y a encore un canal à franchir, un peu plus long celui-là, le canal de Saint-Vincent. La navigation démarre calmement sous le vent de Sainte-Lucie, une bande de dauphins vient jouer avec nos étraves : émotion... pour les personnes qui sont sensibles à ces plaisirs. Un ris est pris dans la grand-voile en prévision de la survente au passage de la pointe sud de l’île à l’ouvert du canal. De plus, des grains ne cessent de passer dans notre sud-est. L’alizé est ENE et le vent monte effectivement à 30 nd sous les grains. Ce type de temps constitue pour nous un bon entraînement à la navigation, à l’appréciation de l’environnement, à la gestion du vent apparent, de la dérive, de la voilure et des manœuvres courantes.

Claude est un bon « moniteur » pour nous, apprentis de la mer. Il se plait d’ailleurs à nous rappeler l’antique proverbe breton : » Qui veut vivre vieux marin doit saluer les grains et arrondir les pointes ». Une ligne de traîne est mise à l’eau et soudain le moulinet se dévide à grand bruit. À peine le temps d’apercevoir un magnifique espadon voilier sauter hors de l’eau (dont la taille demeure un point de discussion) que la ligne casse et que notre invité reprend sa liberté. Nous sommes soulagés, car il est préférable que ce bel animal demeure en vie dans son élément. Nous arrivons à Cumberland Bay à 15 h, un peu méfiants compte tenu de notre expérience deux années auparavant lors d’un mouillage en monocoque dans la baie.

Seuls au mouillage, très sollicités par les « water boys » et les petits vendeurs locaux sur leurs flotteurs de planche à voile, mal mouillés et amarrés à la bermudienne à un ponton branlant, le tout dans un paysage nous semblant sinistre, nous avions alors... fui.

Cette fois-ci, le mouillage est occupé par plusieurs bateaux et le site un peu plus animé ; les water boys sont là également, mais corrects. La plage de sable noir est fréquentée par des habitants du village du versant nord, le petit ponton a été refait à l’initiative d’un couple de pirates français qui tiennent une taverne installée depuis 2005 à droite de la plage, j’ai nommé Line et Bruno Loizeau qui ont posé leur sac de toile au « Black Baron », un repaire de pirates avec sa malle aux trésors, ses ânes, ses cochons et sa plantation d’ananas. L’excellente cuisine de Line et l’accueil chaleureux de ce couple font de cet endroit un incontournable rendez-vous pour les navigateurs de la région. La soirée se termine avec Line et Bruno, lesquels nous racontent la vie, leur vie dans l’île de Saint-Vincent.

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Mercredi 7 février

L’étape du jour est plus courte. Il s’agit de rejoindre Admiralty Bay à Bequia après avoir franchi le canal du même nom. Nous mettrons à peine trois heures pour franchir la quinzaine de milles qui nous séparent de notre prochain mouillage. La pioche tombe dans une eau limpide et les 30 m de chaîne de 10 mm sont filés pour garantir la tenue du mouillage. Balade dans la petite ville de Bequia, sur la rive sud de la baie, bordée de petits restaurants sympathiques avant de se rafraîchir au Frangipani, sympathique endroit qu’on ne peut pas manquer. Retour et dîner à bord et soirée en musique sous un ciel étoilé grâce à l’incroyable sonothèque de Claude. Organisé le patron !

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Jeudi 8 février

Claude va effectuer les formalités d’entrée à Saint-Vincent tandis que nous nous promenons encore et visitons le marché de Bequia. Nous le retrouvons dans un cybercafé (Internet est partout !) où il a consulté les fichiers météo pour la période à venir, et nous retournons déjeuner à bord. C’est Claude qui est au fourneau ! Et il s’y connait ! Le temps de se ravitailler en eau (suite à une panne sur le dessalinisateur) et il est temps de rejoindre notre prochaine étape à Charleston Bay au nord de l’île de Canouan. La brise est modérée et mise à profit pour gréer et envoyer le Genaker léger. Nous arrivons au mouillage en milieu d’après-midi avec un temps maussade et de nombreux grains. La sortie à terre est remise à plus tard, la nuit tombe déjà.

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Vendredi 9 février

Nous quittons Charleston Bay en matinée pour rejoindre South Glossy Bay avant de pousser plus sud vers les Tobago Cays. Le beau temps est revenu et pénétrons le petit archipel dans le magnifique chenal entre Petit Bateau et Petit Rameau, laissons derrière nous les bateaux mouillés en nombre et contournons Baradal pour mouiller seuls ou presque, sous le vent et à une encablure du récif s’étendant à l’ouest de l’archipel. Le site est magnifique. Baignade, repos et dîner à bord ponctuent cette belle journée.


Samedi 10 février

Le soleil est déjà là à 8 h pour nous accompagner dans un petit déjeuner avec vue sur Petit tabac de l’autre côté du récif. Un peu plus tard, Claude nous emmène en annexe vers le récif pour un peu de snorkeling. Les eaux sont poissonneuses, il y a des coraux vivants, de belles gorgones se balancent au gré du mouvement des eaux tandis que des lambis paressent sur le fond sablonneux ; que du plaisir ! Puis nous allons faire une balade sur l’îlot de Baradal pour avoir un beau point de vue sur les Tobago Cays et là, surprise ! Nous entendons du bruit dans les épineux nous entourant. Des iguanes occupent l’île et fuient en tous sens à notre approche. Nous les laisserons en paix et retournerons à bord pour déjeuner avant de poursuivre notre périple vers l’île d’UNION. Un peu plus d’une heure de navigation nous sépare de cette île et c’est sous Genaker seul que nous laisserons ces eaux enchanteresses. Nous longeons le récif bordant le sud-est de l’île avant de franchir la passe d’entrée et virer rapidement sur tribord pour rejoindre un mouillage au NE du plan d’eau, à une encablure d’une curiosité, j’ai nommé Happy Island. Il s’agit d’un îlot fabriqué de la main de son créateur : Gentil. Assemblage de lambis maçonnés, surmonté d’un petit bistrot bien sympathique et diffusant de la musique locale, tenu par un personnage sympathique et accueillant toujours prêt à vous servir des rafraîchissements. Le soleil a déjà achevé sa course dans le ciel et nous rentrons à bord, repus de cette belle journée.

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Dimanche 11 février

Aujourd’hui, nous descendons à terre pour une balade vers Fort Hill. La pente est sérieuse, des pauses sont effectuées… sans doute pour mieux admirer la vue. Le point de vue au sommet, après avoir franchi l’enceinte en pierres, vaut le détour ; encore faut-il ne pas y aller trop tôt pour avoir la bonne lumière avec le soleil déjà assez haut dans le ciel. Nous croisons des enfants qui jouent au cerceau, des femmes qui devisent tranquillement, un monde en paix. Nous redescendons vers le village et achetons quelques fruits chez Jenny qui tient sa boutique sur la droite un peu après l’entrée du village, rencontrons Robert et Annie qui tiennent une Galerie d’Art depuis 30 ans, et poursuivons vers Capitaine Gourmet pour compléter l’avitaillement. Nous trouvons même de la papaye verte afin qu’Agnès puisse essayer une excellente recette de Line rencontrée au Black Baron à Cumberland Bay. Le village est sympathique et nous terminerons cette visite par un pot chez Jean-Marc. L’adresse est inutile : tout le monde le connait.

Retour à bord et départ dans l’après-midi vers l’île de Petit Saint-Vincent qui marque la limite sud de l’état de Saint-Vincent. Le mouillage devant le ponton sous le vent de l’île est agréable, mais tout semble quelque peu aseptisé, l’île étant à elle seule un Resort de luxe où notre présence est tolérée à terre à cet endroit bien précis. La fin de soirée sera animée grâce à moi, le donneur de leçons sur le bon usage des toilettes du bord : la poulaine bâbord est bouchée avec deux feuilles d’essuie-tout jetées malencontreusement dans la cuvette après nettoyage de la salle de bains. Le démontage de la pompe et de ses raccordements n’y fera rien et l’ennui semble se situer au niveau du passage de coque. Qu’à cela ne tienne, c’est équipé d’un masque, tuba et d’un tire-bouchon, éclairé par ma belle, que j’irai explorer les flancs du navire à la recherche du passage de coque incriminé. Le bouchon est là, immaculé, résistant à mes assauts, avec moi qui me débat pour rester en appui au milieu d’une myriade de minuscules crevettes phosphorescentes. Spectacle offert par la nature, quel émerveillement ! Enfin le bouchon cède à mes tractions, libérant le précieux conduit. J’en profiterais tant qu’à faire pour dégager les tartres accumulés dans les autres passe-coques, redonnant une nouvelle jeunesse à notre lavabo bâbord quelque peu récalcitrant à la vidange. Un rouleau d’essuie-tout peut ainsi vous faire passer une « sacrée soirée », qu’on se le dise ! Excuses et regrets seront transmis avant que chaque partie regagne sa coque respective pour un repos bien mérité.

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Lundi 12 février

Le ciel est couvert, des grains sont visibles tandis que nous quittons le mouillage de Petit Saint-Vincent pour rejoindre l’île de Petite Martinique toute proche, afin d’y faire le plein d’eau douce et de gazole. Un accostage délicat par 25 nd de vent puis les pleins sont faits rapidement et nous remontons ensuite vers l’îlot Morpion. Nous remontons ? Oui, nous avons atteint le point le plus sud de notre périple et entamons la remontée… L’arrêt sur cet îlot est d’ailleurs déprogrammé compte tenu du temps maussade et du vent soutenu qui rend le mouillage dangereux. De plus, les deux dernières années ont vu l’îlot se modifier et il n’exerce plus sur nous le charme qui s’en dégageait à notre première visite. Les lignes de grains se succèdent et nous remontons au près, au vent d’Union sous GV1 Gen 50 %. Nous avons plus de 30 nd de vent apparent et avons pris un ris et enroulé le génois à 50 %. L’île de Mayreau ne se laissera aborder à Saline Bay que vers midi. Après le déjeuner, nous descendons à terre tandis que les pluies sont de plus en plus menaçantes et montons vers le village qui abrite à peine 200 âmes. Un grand rasta nous invite dans son antre, un « café » rasta typique, il s’agit de Robert et de son harmonica. Des adolescents l’accompagnent en jouant du djembé et l’après-midi file ainsi au rythme de la musique. Une visite à l’église qui domine l’île avec une vue à ne pas manquer par beau temps sur les Tobago Cays et sur Salt Whistle Bay sur l’autre versant. Nous profitons d’une accalmie pour rentrer à bord.

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Mardi 13 février

Nous nous levons tôt pour une belle journée de navigation à destination de Bequia. Le vent est établi ENE à ~ 28 nd, la mer est agitée et nous sommes sur pilote auto réglé à 47 ° en vent apparent. Nous filons entre 5 et 6 nd sous GV à un ris avec génois. Les bateaux qui remontent comme nous sont au moteur et tapent dans les vagues tandis que nous sommes bien assis sur nos deux coques. Nous arriverons à Bequia dans l’après-midi avec une soirée prévue à terre en amoureux ; c’est le Valentine Day… ou presque. Ce le sera compte tenu du fait que nous n’aurions pas trouvé un restaurant le lendemain à l’escale prévue. Nous allons passer une excellente soirée au Frangipani, endroit préféré des navigateurs, au bord de l’eau dans une ambiance très sympathique, en musique avec un excellent guitariste, une remarquable dorade coryphène au beurre de citron, la rencontre de Paul et Mary d’Ottawa et Claude qui nous rejoint pour la fin de la soirée.

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Mercredi 14 février

Nous quittons Bequia vers 10 h pour rejoindre Cumberland Bay sur l’île de Saint-Vincent. Le beau temps est revenu ! La traversée est calme par une belle brise d’Est d’une quinzaine de nd. La nature aidant et la force de Coriolis permettront à la brise généreuse de nous laisse passer la pointe sud de l’île de Saint-Vincent au portant. La ligne de traîne demeure vide de tout poisson et il nous faut déjà virer à droite dans la baie de Cumberland. Mouillage à la bermudienne comme à l’aller, baignade tandis que Claude va saluer Line et Bruno que nous retrouverons en fin d’après midi. Curieusement ce soir, le restaurant n’est pas fréquenté et nous sommes invités à partager leur table pour une soirée très sympathique au cours de laquelle nous fêterons l’anniversaire d’Agnès avec 48 h de décalage, géographie oblige !

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Jeudi 15 février

Aujourd’hui, longue navigation jusqu’à Rodney Bay à Sainte-Lucie. Nous levons la pioche à 7 h 30 alors que l’équipage d’un catamaran voisin prend encore le café bien qu’il nous ait promis d’arriver avant nous à Rodney Bay. La brise nocturne achevant de s’évanouir sous le vent de l’île, il nous faudra faire un peu de moteurs pendant une heure avant que Éole, acceptant de nous faire une faveur, ne nous invite à mettre la voile. Un banc de bonites sautant hors de l’eau en tous sens vient nous saluer sur tribord tandis que nous continuons notre progression vers le nord. La pointe de l’île approche et nous nous préparons à la survente en prenant le ris traditionnel. Nous avons eu raison de prendre cette précaution, car le vent a atteint rapidement Force 6 avec des grains successifs et une mer croisée dans laquelle le bateau s’est bien comporté deux heures durant. Le ciel a bien voulu s’éclaircir et le canal s’est laissé traverser sans autre difficulté. De nouveau à l’abri sous le vent de Sainte-Lucie, la ligne de traîne s’est mise à crépiter du bruit caractéristique du moulinet qui se dévide. Claude s’est saisi de la canne tandis que je choquai l’écoute de grand-voile ainsi qu’un peu le génois pour perdre en vitesse. Assis sur la jupe bâbord, un vieux mocassin placé entre ses cuisses et recevant le pied de la canne, notre skipper a commencé à ramener le poisson… indéterminé jusqu’à ce moment. À quelques mètres du bord, apparaissait alors furtivement dans l’eau bleue un spectaculaire miroitement, il était beau, mais encore inconnu. Un coup de gaffe bien placé et la force des bras ont hissé à bord une belle bonite d’une douzaine de kilos, laquelle allait réjouir nos papilles une heure plus tard à l’arrivée à Rodney Bay. Cette chair savoureuse en carpaccio nous a fait remercier cette mer si généreuse et le talent de Claude. Le catamaran cité plus haut arrivera au mouillage deux heures après nous, comme quoi les Lagoon 380 s’en tirent bien. Plus tard dans l’après-midi, une autre surprise nous est réservée. Un Lagoon 380 S2 se présente dans la baie et vient mouiller à une encablure sous notre vent. Il s’agit d’un bateau rencontré à La Rochelle à la fin du mois de juillet 2006, alors en fin de préparation pour le grand départ. Un coup d’œil avec des jumelles nous invitera à rester discrets : le patron est en famille. Nous étions simplement heureux qu’il soit bien arrivé de ce côté du monde, nous projetant déjà dans ce bonheur que nous nous préparons.

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Vendredi 16 février

C’est notre dernier jour de mer ! Le canal de Sainte-Lucie, pour rejoindre l’anse Sainte-Anne à l’ouvert du Cul-de-sac du Marin en Martinique, sera clément cette fois. Nous aurons une belle navigation avec une gentille brise, comme si le vent nous accordait de prolonger un peu notre bonheur, notre bonheur d’être sur l’eau tout simplement, dans les mains de cette belle nature, de cet océan. L’anse Sainte-Anne est déjà devant nous, accueillante. Pendant la prise de notre mouillage, un jeune couple sur un petit esquif tout juste habitable, surmonté d’une voile qui a beaucoup voyagé, tire des bords pour explorer le plan d’eau et décider enfin de l’endroit idéal. Ils gîtent, lofent, abattent et maîtrisent leur monture entre les nombreux bateaux déjà mouillés, jusqu’à tout affaler et courir sur leur erre pour atteindre le lieu choisi. Nous les voyons de loin, ils sont beaux sur leur bateau ! Encore une baignade dans cette eau à 26 °C et l’après-midi se termine dans le chenal du Marin pour le mouillage définitif. C’en est fait de cette marée ! Les drisses et écoutes sont rangées, la grand-voile ferlée dans son bag, les aussières correctement rangées dans les pics avant ; pas un nœud de cabestan ne manque ! Claude nous emmène à terre pour déguster des ribs et des acras ; c’est curieux, la terre roule et tangue… bizarre !

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Samedi 17 février

C’est notre dernière journée en Martinique. Claude a loué une voiture pour nous balader un peu dans l’île avant de nous accompagner à l’avion qui nous ramène en métropole. Nous laissons derrière nous avec nostalgie Sillage 1 et son skipper expérimenté et d’une grande gentillesse. Cuisinier à ses heures, moniteur pour tout ce qui est voile, pédagogue, amateur de musique, Claude nous a permis de passer de superbes vacances tout en nous apportant sa connaissance du Lagoon 380 avec sérieux, humour et décontraction. On ne s’est pas pris le chou, c’était chouette !

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