logoarticle   05/12/2010

 

carte venezuela sept nov 2010

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Venezuela : Ile Tortuga, Puerto la Cruz

- Venezuela : Puerto la Cruz, Ile Tortuga, Margarita, La Blanquilla, Les Testigos



Lundi 30 août 2010 Puerto la Cruz à Ile Tortuga Playa Caldera : venezuela
L 10° 57,32'N -- G 065° 15,75'W - 60 M parcourus

51 Tortuga Playa CalderaNous larguons les amarres avec l’aide de José et Luis à 17 h. Dernière longue nav de concert avec « Balafenn ». Pascal sur « Zangra » et Jean-François sur « Amaya » nous suivent. Tous sur le 72 de la VHF. Vent ESE très faible donc Génois et moteur. Plein de dauphins dans le clair de lune, toujours un magnifique spectacle. À 1 h du matin « Zangra » se rapproche dangereusement de « Ti Corail », Ti Mouss de quart appel Pascal à la VHF... pas de réponse : il dort ! Un coup de barre à Gauche. C’est ça les solitaires, ils dorment et personne ne veille... Il était d’ailleurs utile d’être éveillé au moment de l’atterrissage sur Tortuga, car les îles et les récifs sont mal positionnés sur les cartes et il y un écart d’environ 1 km ! C’est pour cela aussi que nous sommes arrivés au lever du jour, pour voir clair.

Nous 64 tortuga playa caldera chez munchoarrivons groupés à l’aube, il faut éviter les lanchas et les peneros sans lumière, ces bateaux ne laissant aucun écho au radar... C’est beau ! À 6 h, nous jetons l’ancre à la playa Caldera de l’isla Tortuga. 1re journée sans grande activité, due à la fatigue d’une mauvaise nuit. Mardi matin, le bateau au mouillage s’est retrouvé en 2 min quelque peu envahi par un premier nageur suivi de deux autres personnes... se présentant... comme des Guarda Costas et demandant à visiter le bateau alors qu’ils étaient trempés... = stress. Tandis que Captain temporisait en leur offrant à boire, Ti Mouss appelle les 2 bateaux à côté par VHF pour les avertir de ce qu’il se passait. Les copains sont donc arrivés en annexe pour faire du nombre. Finalement, le dialogue a pu s’établir, le commandant des garde-côtes (c’était effectivement des garde-côtes !) nous a prié de venir présenter nos papiers de circulation du bateau dans les eaux vénézueliennes dès que possible au poste et s’est aussi excusé de la conduite de ses hommes. Nous avons fait la connaissance de Muncho, un personnage de l’île. À part ça, le temps est superbe, mais nous avons attrapé une grosse rhino avec de la température ! Doliprane et vitamine C... un peu de rhum aussi !

60 Tortuga Playa Caldera Panoramique

Jeudi 2 septembre 2010 Playa Caldera vers Los Palanquinos (ile Tortuga) : venezuela
L 10° 59,27'N -- G 065° 20,24'W - 8 M parcourus

Avec « Zangra » et « Balafenn » nous quittons notre beau mouillage à 9 h 30 pour rejoindre « Amaya » qui a pris de l’avance. Vent E 3, Génois seul. Nous longeons la côte NE de Tortuga, pour mouiller à 11 h 30 devant le reef de Los Palanquinos = sublime ! Échange de « bêtes à cornes » contre bouteille de rhum vénézuélien acheté à PLC pour le troc ! Ici il n’y a rien de rien en dehors de la bande de sable et de la mer. Les fonds sous-marins sont très beaux et même si les chasseurs se plaignent de la diminution des espèces tirables au fusil de plongée, il n’en reste pas moins que c’est un aquarium magnifique avec des multitudes de poissons. Les journées passent rapidement malgré l’oisiveté. Ces plaisirs peuvent toutefois être quelque peu altérés par des invasions de moustiques fulgurantes et imprévisibles le jour comme la nuit ; cela doit sans doute dépendre de la force et de la direction du vent, mais aussi de leur programme de vol ! Il faut être équipé de la panoplie du parfait explorateur, moustiquaires et bombes ad hoc. Le seul avantage est qu’ils sont lourdauds et assez faciles à rayer de notre espace vital. Jean-François est parti sur Puerto la Cruz, déçu par le manque de résultat de ses pêches. Nous avons passé de bonnes soirées ensemble, bien mangé bien bu dans ce paradis au milieu de nulle part ! Lundi soir nous avons passé notre dernière soirée ensemble (avant les retrouvailles !) sur « Balafenn »... Demain chacun reprend sa route...

101 Palanquinos Mouillage

Mardi 7 septembre 2010 Los Palanquinos vers Playa Caldera (ile Tortuga) : venezuela
L 10° 57,28'N -- G 065° 13,59'W - 8 M parcourus

Après une séparation un peu émouvante, « Balafenn » quitte le mouillage pour Curaçao. Peu après, nous faisons de même, mais dans le sens opposé. À 15 h, l’ancre est levée, vent NE 2 moteurs + Génois. Arrivée à 17 h au mouillage de Playa Caldera, pour une courte nuit avant la nav en solo direction Puerto la Cruz.


Mercredi 8 septembre 2010 Playa Caldera (ile Tortuga) vers Puerto la Cruz : venezuela
L 10° 12,47'N -- G 064° 39,79'W - 62 M parcourus

128 plc marina perroquetsLe retour sur Puerto la Cruz n’a pas été aussi facile que prévu. Nous avons décollé à 4 h, la nuit est bien noire, il faut éviter les lanchas pas toujours éclairées ! Vent ESE dans le pif = moteurs. Puis E 4, nous mettons le Génois. Captain pêche une dorade coryphène. À 13 h, le vent tourne à l’W 15 nd : enfin du vent... mais il est vite monté à 35 puis 40 nd, la mer s’est levée écumeuse, le ciel devenu noir parsemé d’éclairs... Nous sommes dedans il faut se le manger ! nous avons été bien secoués avant de pouvoir nous réfugier sous le vent d’une île proche de la côte tandis que d’énormes orages éclataient tout autour de nous (les placards ont été rangés !). Nous avons pu rentrer à la marina à 17 h 30 sous la pluie bien sûr. Nous sommes contents d’être là, mais guéris des arrivées en cours d’après-midi dans le coin en raison de la fréquence de ces phénomènes orageux.

122 PLC arina Anniv FrancisIci, à la marina, nous avons retrouvé d’autres copains et nous allons essayer de prendre notre temps et de nous reposer un peu (beaucoup de soirées bien arrosées à plusieurs bateaux sur les mouillages). Nous allons aussi continuer les petits travaux sans nous énerver : exemple de l’ancre, celle-ci est revenue enfin de Valencia (800 km) avec du plomb coulé au bon endroit... mais il a été mal fondu et tout est à refaire... l’ancre doit repartir pour Valencia... surtout ne pas s’énerver ! Découverte du 1er cafard à bord dans un coffre extérieur, malgré toutes les précautions : la guerre est déclarée, sortie des produits puissants (Goliath gel), pas de clandestin sur « Ti Corail » ! Les journées s’écoulent doucement avec la fête de la Vierge des Vallées ; les feux d’artifices, pétards, voitures décorées avec des Vierges sur les toits animent les rues. Quelques conserves avec les produits frais du marché ont été confectionnées pour cet hiver aux Antilles, où des légumes comme courgettes et aubergines sont rares et chers. Nous avons retrouvé « Odyssée » et « Moai » qui a démâté ! Nous sommes restés coincés à la marina pour que les travaux se terminent. Le problème est que les gens ne respectent rien, même pas leur rdv. Pour le déplacement de l’éolienne et le nouveau mat inox, il a fallu qu’ils viennent le jour ou nous n’étions pas là ! L’ancre a fait 2 aller-retour pour enfin être conforme. La protection pour le dinghie a du être recommandée à un autre fabricant et sera prête 1re semaine d’octobre (travail ni fait ni à faire du premier intervenant = pas contents du tout). Ti Mouss a fait une vilaine chute du bateau dans l’eau du port en sautant de la jupe sur le quai. Beaucoup d’écorchures très douloureuses. On a tout ce qu’il faut pour bien soigner, mais il faut rester vigilant, car tout peut s’infecter très rapidement si on n’y prend pas garde. Compte tenu de la qualité douteuse de l’eau du quai, nous avons un système de filtration, il s’agit d’un filtre qui coûte environ 25 à 30 € ou 300 bolos dans tous les magasins de bricolage (adoucisseurs d’eau ou piscine) avec une cartouche de 10 pouces standard (25,4 cm) identique aux cartouches dessal 5 ou 15 microns, mis en série sur le tuyau d’eau du quai et qui permet de filtrer l’eau avant d’arriver au tank. Les saletés et micropoussières ainsi retenues permettent de garder les tanks propres. La cartouche devenue noire se nettoie facilement à la pression du robinet sur le quai après chaque remplissage (redevient blanche). On peut même filtrer ainsi l’eau de pluie par simple gravité. Nous avons aussi fabriqué un système astucieux (pas de nous) de siphonnage propre pour le gasoil constitué d’une petite plaque de contreplaqué percée de deux trous du diamètre des tuyaux utilisés. Le premier tuyau sert au siphonnage, le second ne fait que traverser la plaque simplement appuyée sur l’orifice du jerrycan et sert à la mise en pression (à la bouche) du jerrycan. Ainsi le siphon s’amorce en soufflant légèrement dans ce second tuyau. Séances couture pour confectionner un taud à bâbord et fabriquer quelques pavillons français d’avance. On s’occupe, pas le temps de s’ennuyer ! Évidemment, il y a quelques apéros, le barbecue pour tout le monde le mercredi soir et le repas dominical au resto de pêcheurs à côté pour toute la colonie française... 22 h, extinction des feux (dodo).

121 PLC Fete de la ViergeNous sommes en sécurité ici à la marina. Elle est complètement fermée, entourée de clôtures et barbelés électrifiés avec des miradors occupés par des gardes armés (armes chargées). Sur notre ponton, à 15 m du bateau, un homme en arme reste toute la nuit sur sa chaise à veiller ! Nous ne sortons de la marina que pendant la journée pour aller en ville en taxi (toutes les courses sont à 20 bolivars soit 2 €). Au-delà de 18 h, toute la colonie française ici (il n’y a plus d’Américains ni d’anglais) est rentrée dans la zone sécurisée. On en parle peu, mais deux plaisanciers se sont fait tuer par balles à Margarita à la fin du mois d’août à une semaine d’intervalle. Dans un cas, le meurtre a été commis par 4 personnes, dont 3 policiers qui ont été arrêtés cette semaine avec les deux laptops dérobés... Dans l’autre, la personne a perdu la vie, car elle a été assez sotte pour se balader en ville avec une chaîne en or...
Pour toutes ces raisons liées à la sécurité (plus de 50 morts violentes par jour dans ce pays), le tourisme est en sommeil, les marinas sont à moitié vides et offrent des remises de 50 %, nous ne naviguons jamais seuls et ne restons jamais non plus seuls dans des mouillages isolés.
À part ça, tout va bien, les élections législatives viennent d’avoir lieu. Le PSUV de Chavez n’a pas remporté les 2/3 des sièges de députés comme la fois précédente en 2005 malgré une campagne électorale menée sur tous les fronts, une opposition quasi muselée et n’ayant pas accès aux médias nationalisés, et le système de vote électronique acheté aux USA... Le pays est magnifique et les gens adorables, des forêts tropicales humides aux Andes qui culminent au Venez à 5 000 m, on peut tout cultiver, on trouve au marché à la fois des mangues et des fraises, des bananes pays et des pommes !

Dans quelques jours, nous repartirons vers l’île de la Blanquilla à une centaine de milles au large, puis Margarita et Testigos pour se préparer à remonter vers la Martinique à la mi-novembre, avec juste une envie, revenir le plus tôt possible dès la fin février prochain avant de poursuivre vers la Colombie et l’Amérique Centrale. Le franchissement du canal de Panama est programmé pour le printemps 2012.

110 nav tortuga playa caldera plc temps de chien115 nav tortuga playa caldera plc arrivee plc marina peche dorade

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Dimanche 17 octobre 2010 Puerto la Cruz vers Palanquinos (ile Tortuga) : venezuela
L 10° 59,15'N -- G 065° 20,28'W - 69 M parcourus

4 bis tortuga palanquinosNous aurions pu sans doute quitter la marina plus tôt, mais Ti Mouss a fait refaire ses verres de vue de lunettes progressives pour l’équivalent de 160 € (moitié prix de la France), même si il n’y a pas de remboursement nous nous en tirons bien ! Les verres faits en France avant le départ sont devenus tout opaques, un opticien nous a dit que le bain anti reflet mal fait n’a pas tenu à la chaleur et l’humidité, vive Atoll !

Les blessures de Ti Mouss sont aussi pratiquement guéries, restent les cicatrices : quelques-unes de plus !

Mais que pouvions-nous bien faire encore dans cette marina depuis un mois ? On ne glande pas. Beaucoup de bricolage ! La machine à coudre est sortie pour fabriquer des housses de protection contre les UV pour les bidons de gazole supplémentaires stockés sur le pont du bateau (6 bidons de 20 litres) et une toile de côté supplémentaire pour nous protéger du soleil. L’entretien du bateau ne laisse aussi aucun répit du pont aux moteurs et a l’avantage d’être beaucoup plus prenant et diversifié que l’entretien d’une maison. En clair, on n’a pas eu le temps de s’ennuyer.

4bis Tortuga Palanquinos Apero sur Microbe avec Emrener et PacificaNous avons retrouvé ici Jacques et Myriam sur Odyssée et avons fait de nouvelles rencontres, n’en reste pas moins que les « Balafenn » nous manquent, mais nous les retrouverons l’année prochaine. C’était vraiment une belle rencontre sur l’eau. Nous avons pu partager une fondue bourguignonne avec « Namasté » et « Pacifica » grâce à la location d’un studio par les premiers pour cause de pause de vernis intérieur. Eh oui ! Même à près de 40 ° C de T° ambiante ce fut un plaisir ! On se tropicalise ! Nous avons fait les formalités officielles de sortie du Venezuela, même si nous ne sortirons effectivement des eaux Venez que mi-novembre. Les prochaines semaines jusqu’à la Martinique se passeront loin de la civilisation et d’Internet.

Captain a arrêté le tabac le dimanche 26 septembre et Ti Mouss a diminué sa consommation. Succès bien fragiles pour ceux qui connaissent les histoires éculées des fumeurs ! Mais pour le moment, cela se passe bien, pas d’envies s’il pouvait retrouver 10 kg en plus...

Le 17 octobre 16 h 30, nous larguons enfin les amarres de la Marina Bahia de Redonda de Puerto la Cruz sans oublier de dire au revoir à ceux qui restent. Nous naviguons avec « Odyssée », « Emrener » et « Microbe », ce dernier étant parti devant ce matin. Vent ESE 5/6 mer formée jusqu’à 22 h, sous génois et GV 1 ris. Puis le vent tombe, moteurs jusqu’à Isla Tortuga. Nous mouillons tous les trois à Los Palanquinos près de « Microbe » à 7 h 45. Nous retrouvons aussi « Nuage » qui revient des Roques et « Gaia » puis « Simoust ». Tout ce petit monde partage pêche, baignade, bricole et apéro !


Dimanche 17 octobre 2010 Palanquinos vers Playa Caldera (ile Tortuga) : venezuela
L 10° 57,40'N -- G 065° 13,57'W - 9 M parcourus

30 Tortuga Caldera Panoramique9 h, nous quittons Los Palanquinos avec « Odyssée », « Emrener » et « Microbe » pour Playa Caldera où « Pacifica » doit nous retrouver le soir. Vent E 4/5, mer hachée, les voiles vent dans le pif restent rangées et « Ti Corail » fait le cabri. Depuis que nous avons repris la mer, nous n’avons vu que des Français ! Nous étions 8 bateaux FR dans le précédent mouillage. Ici, nous sommes à 5 bateaux à naviguer ensemble. Nous avons changé de mouillage pour être prêts au départ vers la Blanquilla. Il se trouve toutefois qu’un fort vent de NE depuis plusieurs jours nous empêchent de réaliser nos desseins. La coque est maintenant propre et Captain a eu le temps d’aller un peu chasser au fusil en plongée. 11 Tortuga Caldera Francisco et FrancisIl a tiré son premier « soleil », un poisson à chair délicate, pas gros, mais bien délicieux. Nous avons aussi cueilli en masse de la salicorne, une plante qui pousse en bord de mer et se prépare comme des haricots verts, mais à faire dessaler en plusieurs fois auparavant. Nous devions enfin partir la nuit de lundi 25 octobre pour l’ile Blanquilla puisque les vents ont commencé à mollir et à virer à l’EST, mais notre ami Yvon a eu sur son bateau un souci de santé qui va sans doute nous pousser à rester ici 48 heures de plus. 16 Tortuga Caldera Chez MunchoAppel par téléphone satellite d’un médecin au centre de coordination de Toulouse pour consultation à distance, le tout géré par le CROSS Manche (coordination recherche et sauvetage en mer pour la Manche !). Du coup, nous n’avions rien dit ou demandé aux Garde-Côtes du Venez. 2 h après, prévenus par leur hiérarchie et le CROSS français, ils ont débarqué dans le groupe de nos 5 bateaux en cherchant le bateau français qui avait des problèmes... Ce qui peut surprendre les autorités vénézuéliennes, c’est qu’un bateau français ait des problèmes dans ses eaux territoriales le 25 oct. alors qu’il en est sorti officiellement le 15 oct. selon les documents administratifs dûment renseignés et tamponnés par les différentes administrations du pays ! En fait, ils sont très sympas et nous ont accordé 24 heures de plus pour la santé de Yvon, mais ils veulent aussi qu’on s’en aille pour ne pas être embêtés par leur hiérarchie. Le lendemain, Yvon a été emmené pour consultation par un médecin sur un navire de la marine vénézuélienne et est revenu avec des laxatifs, une bride intestinale étant soupçonnée. Nous ne devions pas quitter la Tortuga avant que Yvon ne se soit libéré... Après une bonne marche sur la plage la journée de mardi, il nous a affirmé que tout allait beaucoup mieux et qu’il ne souffrait plus. Nous décidons donc de prendre la mer.

32 tortuga caldera mouillage panoramique

Mercredi 27 octobre 2010 Playa Caldera (ile Tortuga) vers La Blanquilla : venezuela
L 10° 57,40'N -- G 065° 13,57'W - 63 M parcourus

71 Blanquilla Playa Yaque MouillageNous levons l’ancre à 4 h du matin vers la Blanquilla. La mer ne nous a pas fait de cadeau. Marie, la compagne de Yvon nous confirme d’ailleurs que la navigation a été très pénible pour lui et que Yvon avait beaucoup de mal à effectuer les manœuvres... Nous mouillons à Playa Yaque de La Blanquilla à 17 h. Jeudi 28 octobre, devant les douleurs au ventre de Yvon, les garde-côtes contactés décident de le faire évacuer vers un hôpital, probablement par hélico. Yvon nous laisse les clés de son bateau au mouillage et nous dit l’essentiel pour en prendre soin et le conduire en cas de besoin. Il est ainsi évacué avec sa compagne Marie en milieu de journée.

70 blanquilla playa yaque mouillage panoramique

Vendredi 29 octobre 2010 Playa Yaque (La Blanquilla) vers Juangriegos (Margarita) : venezuela
L 11° 04,93'N -- G 063° 58,59'W - 72 M parcourus

97 Margarita Juangriego Cyclone TomasAprès une heure de cueillette de salicorne à terre, 2 heures de chasse sous-marine et de cueillette de burgaux (hybride entre le bigorneau et le bulot) et de gros oursins, nous nous préparons à déguster tout cela sur la plage avec l’apéro. Nous n’en aurons pas le temps, un gros hélicoptère de l’armée nous survole par deux fois à très basse altitude en diffusant par haut-parleurs « ordre d’évacuer, alerte tempête tropicale » le tout en Espagnol, et nous, nous n’avons rien compris, nous leur faisons de grands signes pour les saluer et les remercier, car nous croyons que Yvon et Marie sont dans cet hélico ! Nous avions appris qu’ils n’étaient pas encore évacués, les différents vols de la veille ayant été annulés.

De facto, quelques min après, une embarcation des garde-côtes vient voir tous les bateaux pour leur ordonner d’évacuer l’île de la Blanquilla et de se réfugier à l’île de Margarita à 70 milles dans le Sud-Est. Nous refusons tout d’abord, nous sentant en parfaite sécurité sous le vent de notre île.

Et puis, il y a le bateau de Yvon que nous ne pouvons abandonner. Après une heure de négociation avec les garde-côtes, Captain leur montre comment se servir du bateau pour qu’ils l’emmènent dans une petite crique au sud de l’île où il sera à l’abri de la tempête...

92 margarita juangriegos mouillageNous partons tous vers 14 h à pleine vitesse (heu... environ 7 nœuds) vers le SE pour échapper à l’ouragan TOMAS qui arrive. En communication permanente sur la VHF canal 69 nous avons tous gardé notre humour, sans doute pour cacher notre angoisse... Nous arriverons ainsi à 1 h du mat samedi 30 à Juan Griegos, un petit port de pêche de la côte nord de Margarita. Arrivée de nuit dans le port au milieu des lanchas non éclairées, un peu sportif !

Samedi 30 octobre, nous restons au mouillage sans débarquer, nous sommes officiellement sortis du pays depuis 15 jours. Nous surveillons la météo et l’avancée de TOMAS. Déjà, dans le groupe, il est suggéré de partir ensemble aux Testigos vers l’Est dès lundi, mais nous retournerons en fait à la Blanquilla pour retrouver le bateau de Yvon et tout vérifier, et rester là-bas en attendant son retour avec Marie. Dimanche 31 octobre, bien que nous ayons eu envie d’aller faire un tour au marché pour tenter de nous ravitailler en légumes frais, nous en avons été rapidement dissuadés par une belle houle de deux mètres venant du nord et générée par l’ouragan TOMAS, rendant ainsi impossible tout débarquement. 48 h fatigantes ! Nous avons des nouvelles d’Yvon : coliques néphrétiques, qu’est ce qu’il a dû souffrir...

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Lundi 1 novembre 2010 Juangriegos (Margarita) vers Playa Yaque (La Blanquilla) : venezuela
L 11° 04,93'N -- G 063° 58,59'W - 72 M parcourus

131 BlanquillaTOMAS s’éloigne, nous partons à la pointe du jour vers la Blanquilla avec un fort vent d’Est 15 à 20 nd et des creux allant jusqu’à 3 mètres pour les vagues les plus hautes. La navigation a été rapide avec des surfs à 9,3 nd pour nous. La pluie était aussi de la partie et nous sommes arrivés quelque peu humides au mouillage de Playa Yaque vers 14 h. Repos, le voilier de Yvon est toujours là et tout le monde est allé au lit de très bonne heure pour une nuit réparatrice. Mardi 2 novembre, le beau temps est revenu, nous avons des nouvelles de Yvon qui est hospitalisé à... Margarita ! Il est en cours de traitement et il n’y a plus qu’à attendre. Nous sommes allés ramasser des burgaux que nous avons dégustés le soir même ! Nous allons peut-être enfin pouvoir nous reposer et profiter de ce paradis terrestre ! 132 Blanquilla degustation BurgotIl restait à vérifier le bateau de Yvon avec les gardes Cotes et puis nous pourrons attendre Yvon et Marie en vivant de chasse et de cueillette... Cerise sur le gâteau, nous sommes accompagnés le soir pour notre sommeil par les braiments des ânes sauvages qui peuplent l’île ! Nous avons aussi au moins un locataire, Ti Bébert, notre margouillat vénézuélien installé à bord il y a quelques semaines. Mardi on se dit tous enfin une journée cool, « Odyssée » répare son guindeau, « Ti Corail » fait son pain et ses yaourts, nous allons tous à la pêche aux burgaux pour les déguster dans une bonne ambiance sur « Microbe » et vers 21 h patatras : le vent se lève avec une forte houle, les bateaux évitent l’arrière tourné vers la côte... chacun aspire à retrouver son bateau pour en assurer la sécurité, remonter dans les annexes est sportif ! La nuit sera moins cool, nous faisons des quarts sur chaque bateau...

106 blanquilla pte de la aguada

Jeudi 4 novembre 2010 Playa Yaque (La Blanquilla) vers Playa Falucho et retour Playa Yaque : venezuela
L 11° 04,93'N -- G 063° 58,59'W - 7 M parcourus

167 Blanquilla Anse Falucho Colibri« Ti Corail » prend la mer avec Marion de » Microbe « à bord pour rejoindre Playa Falucho, où se trouve la base de la Guarda Costas. Nous retrouvons le jeune militaire à qui nous avions confié le bateau et la discussion s’engage grâce à l’espagnol de Marion. Il est d’accord pour nous emmener avec une de ses embarcations sur le bateau de Yvon pour que nous puissions tout vérifier. Ainsi, nous avons pu vider et nettoyer le frigo, jeter toutes les denrées périmées, vérifier les batteries, l’absence d’eau dans les cales, mettre en place la main de fer sur la chaîne d’ancre. Les garde-côtes ont pris un soin réel du bateau en le mettant à l’abri dans une petite crique de la côte sud. Nous pouvons retourner à Playa Yaque !

173 Blanquilla Anse Falucho Penero Guarda CostasNous avons fait des BBQ sur la plage avec oursins, burgaux, poissons accompagnés de vins chiliens et rhum. “Microbe” et “Pacifica” ont pris la mer dimanche direction Sainte-Lucie. Soirée fête mémorable à bord de « Ti Corail » la veille. Quand à “Odyssée”, il est parti lundi pour les Grenadines. Yvon et Marie ne reprendront “Emrener” que début décembre, nous ne pourrons pas les attendre, nous sommes attendus en Martinique début décembre. Nous décidons de profiter encore un peu de La Blanquilla, de continuer à vivre les Robinson devant cette île occupées par les lézards, ânes sauvages, faucons huppés, frégates, pélicans et perroquets... mais la forte houle d’Ouest qui rentre dans le mouillage depuis plusieurs jours et empêche toute activité quelle qu’elle soit a eu raison de notre désir de rester à Playa Yaque.

178 blanquilla anse falucho peneroPar exemple, hier en fin d’après-midi, nous avons quand même décidé d’aller chercher de la salicorne. Annexe laissée au mouillage devant les deux palmiers dans la houle, nage jusqu’au rivage, atterrissage en rouler bouler sur la plage grâce aux rouleaux, cueillette d’une grande poche de salicorne à toute vitesse pour limiter l’impact des moustiques voraces de la lagune, puis franchissement des rouleaux au retour, nage avec notre butin vers l’annexe. Récompensés de nos efforts par la vue de 2 faucons huppés : magnifiques ! Tout cela pour dire que c’est vraiment dommage, on ne peut pas ramasser les burgaux, car les vagues sont trop fortes dans les rochers, l’eau est trouble pour la plongée, etc.


Mercredi 10 novembre 2010 Playa Yaque (La Blanquilla) vers Playa Real (Les Testigos) : venezuela
L 11° 22,98'N -- G 063° 08,19'W - 98 M parcourus

263 Testigos Playa Real Retour de pecheNous partons directement pour les Testigos et nous éloigner de la source de la houle, à 13 h 30 lever d’ancre. Nous arrivons le 11 novembre à Playa Real aux Testigos, après 24 heures de nav difficiles et épuisantes dans une mer de face hachée et qui ne nous a pas fait de cadeau. Il a fallu lutter contre le vent et le courant, slalomer entre les pêcheurs et leurs filets dérivants la nuit sur le tombant du plateau, là où les fonds passent très rapidement de plus de 1 000 m à 50 m, lieu de prédilection des bateaux de pêche dans le monde entier. Petit repas rapide, et grosse sieste pour récupérer de la nuit sans sommeil. Vendredi, nous sommes allés ramasser des burgaux, Captain a dû se faire mal au dos en déplaçant les roches dans l’eau. Nous avons invité à l’apéro les équipages des 2 autres et seuls bateaux présents sur le mouillage, Jean-Pierre et Françoise sur “Gentiane”, Maria sur “Agua”. Nous les avions déjà rencontrés au mois d’août et ils nous avaient prodigué de précieux conseils sur le Venez.

Ces 2 bateaux nous ont d’ailleurs fait un accueil chaleureux, le 1er nous ayant offert 2 langoustes brésiliennes pêchées du matin, le second 2 pagres (un excellent poisson) chassés aussi le même jour. Un autre bateau nous a rejoints sur le mouillage hier après midi. Nous avons tous dîné ensemble de la pêche du jour préparée par Françoise, dont d’excellentes langoustes. Nous ne savons pas encore combien de temps nous allons rester ici, car la météo n’est pas favorable pour notre remontée.
331 testigos playa real vilain tempsLes journées sont assez peu ensoleillées. Nous sommes allés avec Maria de “Agua”, Sandrine de “Namaste” et Vanessa de “Toumai” sur l’ilot d’Iguana pour y rencontrer la directrice de l’école et en profiter pour visiter le village. Les maisons en dur et colorées des familles sont alignées en bordure de la plage sur la façade est de l’îlot. Des centaines de nasses sont là entassées au pied des mancenilliers, un cochon est attaché au pied d’un palmier tandis que la musique est partout présente dans le village et que quelques pêcheurs jouent à la » balle ». L’école est superbe. Un penero parcourt le matin vers 7 h 30 puis vers 11 h 30 tous les îlots pour ramasser puis déposer les enfants, il s’agit du transport « escuela ». Cette sortie a été très sympathique. Le soleil a vite ensuite franchi l’horizon et nous avons sacrifié à l’apéro et à la traditionnelle scopa. La nuit a été beaucoup plus agitée en raison de forts et nombreux orages avec du vent d’Ouest et de la houle qui ont fait danser les bateaux toute la nuit. Peu de gens dormaient sur le mouillage entre 1 h et 3 h du matin afin de surveiller un éventuel dérapage.

318 testigos playa real anniv felice dance au clair de luneLa quantité d’eau tombée a été importante au point de remplir tous nos seaux et bassines. Nous avons fêté l’anniversaire de Felice, un des fils de Nelly. La soirée a été très animée et sympathique dans la tradition des Testigos. Tous les bateaux étaient invités et ce fut une grande fête. Nous partîmes les derniers sous la pleine Lune déjà haute dans le ciel. Le vent est bien monté en fin de nuit conformément aux prévisions.
Le lendemain, partie de chasse avec Maria et Vanessa au sud de Testigo Grande. Il fait beau, mais la mer est forte. Après une bonne dizaine de minutes de navigation en annexe de face dans un fort clapot, le tableau arrière de l’annexe supportant le moteur commence à se fendre. Nous avons alors contacté notre concessionnaire puis Caribe France pour convenir de ce qu’il convient de faire.

321 testigos playa real pecheCela dit, la pêche n’a pas été mauvaise avec une langouste, un mérou et un pagre. Les après-midi, nous allons rendre visite à Nelly et sa famille sur l’île lorsque le temps le permet ! Nous passons des moments sympas sur les différents bateaux, et même si tous les garde-manger sont pauvres, nous partageons nos denrées. Le stress monte sur « Ti Corail » des amis arrivent le 4/12 en Martinique et nous sentons que nous n’y serons jamais à temps... Mais la météo est trop mauvaise, un gros cata a essayé de remonter sur l’Arc Antillais, il a dû faire demi-tour, il faisait du sur place dans une mer avec 4 à 6 m de creux... Puis 3 bateaux ont tenté de partir en direction de l’Arc Antillais, l’un est arrivé à Grenade avec beaucoup de peine après avoir cassé la bôme et déchiré sa GV, pas de blessé à bord. L’autre est arrivé aussi après plus de 50 heures de navigation dans une mer forte avec des vents entre 20 et 35 nd, une houle de 3 à 4 mètres, sous les nombreux grains et n’a dû son salut qu’à sa coque en acier capable d’affronter le mauvais temps et à leur expérience.

282 testigos playa real fouQuant à « Namasté », il a dû faire demi-tour et revenir sur notre mouillage à Playa Real après avoir bataillé pendant 24 heures en risquant de casser le bateau dans la forte mer, en raison des chocs très violents encaissés dans les vagues. La petite fenêtre météo dont ils ont voulu profiter n’était à peine qu’une petite lucarne sinon un judas. Ti Mouss s’est probablement fracturé un petit doigt de pied en heurtant une pédale de pompe à pied devant l’évier. Nous nous sommes retrouvés chez Nelly avec d’autres équipages de bateaux ainsi que des Garde-côtes pour fêter le troisième anniversaire de la petite Michèle. Ce fut une jolie fête avec les chants accompagnés à la guitare de ses oncles. Il est émouvant de voir comment les bateaux sont intégrés lors de ces occasions aux familles de pêcheurs. Au retour, Sandrine et Yvan sont restés à bord de « Ti Corail » et nous avons terminé la soirée ensemble devant un plat de pâtes. Une entraide règne ces dernières semaines entre les divers bateaux présents à Playa Real et passons de bons moments ensemble en attendant tous la FENÊTRE météo. Felice nous a emmenés sur sa lancha pour pêcher au filet.
Une petite fenêtre s’offre à nous lundi, on part avec « Namasté » « Gentiane » et « Agua », sans oublier de dire au revoir avec une certaine émotion à Nelly et sa famille...

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