logoarticle   20/07/2012

 

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- « Ti Corail » à Cuba à Cienfuegos

- « Ti Corail » à Cuba à Trinidad

- « Ti Corail » à Cuba à La Havane

- « Ti Corail » à Cuba Continent




À CIENFUEGOS cuba


Finalement, ces formalités n’étaient pas aussi compliquées qu’annoncées par les bateaux étant passés par ici il y a quelques mois. Beaucoup d’angoisse pour 2 heures de formalités avec des personnes des différentes administrations qui ont été très gentilles et très courtoises. Le chien pour la recherche des stupéfiants a laissé beaucoup de poils à bord, mais il était adorable. Seuls les godillots des Guarda Frontera ont laissé des traces noires sur le pont que Ti Mouss a enlevées après avec de l’huile de coude... pendant que je réparai encore une fois le thermostat du frigo... ce dernier étant un élément vital pour la vie à bord, plus que l’électronique de navigation.

Enfin voilà, tout va bien, nous sommes allés faire notre premier tour en ville, dans cette ville fondée par les Français, bien avant l’arrivée des Espagnols.

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Nous sommes aussi partis à la Havane en voiture pour 2 jours et avons dormi dans une casa familiale, puisque Raoul a autorisé les Cubanos (Cubains) à louer des chambres de leur maison moyennant une taxe mensuelle reçue par l’état (licence) et une autre taxe sur chaque location effectuée.
Ici, les touristes doivent tout payer avec une monnaie spéciale faite pour eux, le CUC ou peso convertible qui vaut 1,15 dollar US ou 0,85 euro tandis que les Cubains utilisent le peso tout simple (nacional). Il faut 25 pesos pour faire un dollar US.

Le niveau de vie est tel que le salaire mensuel moyen est de 250 pesos, soit 10 dollars US. Un médecin gagne 40 dollars US. On peut quand même arriver à avoir des pesos et acheter des choses au même prix que les Cubains, mais normalement, nous devons tout payer en CUC au prix quasi européen.

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Sinon, Internet n’existe pas ici, et nous sommes contents de pouvoir communiquer par mail avec la radio du bord. Les contacts sont faciles, car la station de Miami est toute proche ainsi que celle de Rockhill en Caroline du Sud. On ne nous empêche pas d’émettre, c’est bien ainsi.

La sécurité de cette petite marina est assurée jour et nuit et les douanes que les Guarda Frontera sont présents 24 h sur 24. Ils se promènent sur les quais, relèvent plusieurs fois par jour les noms des quelques bateaux français (majoritaires) et interdisent l’accès aux quais des Cubains.
Heureusement, les Cubains sont très gentils et cela nous fait oublier que les douches ne comportent pas d’eau chaude et que, quelle que soit l’heure, les robinets et douches ne laissent échapper qu’un filet d’eau glacée. Du coup, il faut une heure pour se rincer ! Mieux vaut en rire. Ti Mouss a déjà oublié son mal de mer... en attendant la prochaine fois.

Ti Mouss, inquiète à son sujet, a fait une mammographie écho de contrôle à Cuba au "CHU" de Cienfuegos quelques jours après notre arrivée. Au bilan, beaucoup de CUC dépensés pour avoir des clichés pratiquement ininterprétables et un "spécialiste" qui me dit qu’il faut faire une ponction dans les 2 mois sur une image peu claire... Notre idée sur la médecine cubaine a alors pris une claque, si elle était si bonne que cela, on aurait des médecins cubains en Europe ou aux USA... Cela dit, le parcours à réaliser pour recevoir des soins ou réaliser des examens pour des étrangers à Cuba est intéressant. Il faut faire beaucoup de papiers, acceptation de procédure, etc. dans les bureaux de l’administration de l’étage réservé aux étrangers au sein de l’hôpital avant d’avoir un médecin devant soi. Au bilan, une facture de 200 CUC pour la mammographie que la SS française a refusé de rembourser puisque jointe avec une ordonnance d’un médecin français datant de quelques mois, elle ne représentait pas une urgence ! Passons sur ce point de détail.

Un couple de copains, Yvon et Marie, nous a rejoints à Cienfuegos le 21 déc. Nous sommes allés faire une balade de 48 H dans la belle ville de Trinidad.

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Noël est arrivé et nos amis de « Balafenn » nous ont gentiment proposé de le fêter avec eux et leurs amis. Ce fut encore une superbe soirée. Le réveillon du 31 toujours avec nos amis de « Balafenn » s’est clos pour nous à 5 h 30... et certains des copains ne se sont pas couchés avant dimanche midi ! Nous sommes même allés, fait exceptionnel, dans une boîte cubaine de 2 h à 3 h 30 du matin ! Tout le monde était là sur le quai toute la nuit, les Douanes, les Guarda Frontera, l’immigration, les vigiles, le Chef de la marina... pour assister à (ou surveiller de façon bon enfant) la fête sur les bateaux français. Nous nous sommes aperçus que le vigile nous avait même accompagnés en boîte de nuit... Nous avons aussi été gentiment rappelés à l’ordre après avoir tiré deux fusées (parachute qui monte à presque 200 m) de détresse dans le port pour accompagner les feux d’artifice. Sinon, le couple de copains, Yvon et Marie, à bord avec nous se balade aussi en ville et dans la région et s’est rapidement fait à cette ambiance de fêtes de fin d’année.

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124 Cienfuegos CHLe pays est en train de changer lentement mais sûrement, le fric arrive avec l’appât du gain et ses corollaires. Les téléphones portables ont envahi les poches des Cubains. À voir dans quelques années. Autrement, les courses sont toujours compliquées même si on trouve beaucoup plus de choses qu’il y a seulement 2 ou 3 ans. Il faut toujours faire la queue partout (1/2 h pour avoir du pain quand il en reste), on ne revient jamais avec tout ce que l’on veut. Il faut chercher les oeufs, demander sans cesse aux petits vendeurs dans la rue qui a ci, qui a ça, se débrouiller. Les courses prennent 3 h !

Enfin voilà, c’est Cuba, mais c’est sympa.

Les soucis de santé de Francis étant revenus à l’ordre du jour, nous avons décidé qu’il rentrerait début janvier en France se faire opérer et que Ti Mouss resterait à bord de « Ti Corail », sans en avertir les proches pour qu’ils ne s’inquiètent pas. Notre séjour à Cuba a donc été un peu galère !
Parti le 4 janvier, opéré le 12, Francis est revenu à Cuba le 27 janvier. Les fils résorbables ont disparu en une 10éne de jours et le vol retour s’est bien passé. Hélas, 3 plaies sur 4 se sont totalement rouvertes après les 3 h de taxi sur les routes difficiles de Cuba et il est devenu alors hors de question de repartir en mer. Une période de soins exécutés avec brio par Ti Mouss a débuté et vont nous maintenir bloqués à quai à Cienfuegos... plusieurs semaines, probablement 1 mois sinon 2, avec force compresses, tulle gras, etc.

D’autres difficultés en ont découlé. Revenant de France, Captain avait pour sa part un nouveau visa de 30 jours renouvelable une fois, mais le visa de Ti Mouss arrivait lui à expiration le 13 février (étant arrivée le 15 décembre). Nous avons donc demandé à un médecin de venir consulter à bord pour établir un certificat médical indiquant la nécessité pour Captain de soins prolongés, nous bloquant ici à quai. Munie de ce certificat et accompagnée d’un gars super gentil de la marina, Ramiro, Ti Mouss a pu se rendre à l’immigration en ville pour obtenir une prolongation dérogatoire de son visa. Tout cela était bien compliqué et n’a fait qu’ajouter au charme de ce pays.

Une fois les plaies cicatrisées, nous avons décidé de reprendre la mer, mais vers l’Est, c’est-à-dire entamer notre retour vers l’Arc Antillais et la Martinique. Tant que nous ne sommes pas certains d’être tranquilles sur le plan médical, nous n’allons pas nous éloigner de la médecine moderne. Ti Mouss qui ne cessait jusqu’alors de chanter les mérites du système de santé cubain et qui est passée dans le système cubain pour une mammographie pourrait en parler pendant des heures. Ayant des soucis de ce côté-là, elle va faire une mammographie avec des moyens modernes en Martinique dès que nous y serons arrivés.
Ti Mouss a poursuivi les soins bi quotidiens de Captain et l’évolution s’est révélée lente, mais dans le bon sens. Ti Mouss a de plus perdu une dent sur pivot qui s’est détachée. Nous avons essayé de la remettre en place avec de l’amalgame, mais sans succès. Elle n’a pas désiré non plus aller consulter un dentiste ici pour la remettre en place. Alors, on a bouché le trou de la molaire dévitalisée avec de l’amalgame et elle ira chez le dentiste en Martinique. Elle n’avait pas besoin de ça ! La liste de travaux s’allonge, mais ce n’est pas trop rigolo.

Nos amis de « Balafenn » sont partis le 13 février avec leur bateau pour l’ouest de Cuba puis le Mexique. C’en est fini de nos nav ensemble ! Nous, on reste ici garder la marina. Nous avions navigué ensemble une première fois 4 mois puis cette fois-ci 10 mois. Ils sont la rencontre marquante de ces 2 ans 1/2 sur l’eau, nous nous sommes quittés le coeur triste.

Nos copains Yvon et Marie nous ont aussi quittés début février avec sans doute le regret de n’avoir pu naviguer avec nous, mais le sort en avait décidé autrement.

Depuis quelques jours, Ti Mouss a de la température sans raison apparente et est toujours sous antibiotique, cela s’ajoute à sa fatigue générale.

Nous sommes allés une nouvelle fois à l’immigration et nous avons pu cette fois proroger le visa de Ti Mouss jusqu’au 14 mars ainsi que celui de Captain jusqu’au 28 mars. Pour celui de Ti Mouss, ils lui ont fait la fleur de le faire tout de suite sans attendre les 3 ou 4 jours qui précèdent la date d’expiration. Cela nous a évité d’y retourner.

Le beau temps est revenu en cette 1re quinzaine de février et les températures fraîches de décembre ont laissé la place à 23 °C le matin, ce qui est correct. Ti Mouss avait l’air d’aller un peu mieux. Elle avait moins mal au dos et avait l’air d’avoir échappé à l’angine carabinée que Francis a attrapée. Elle était un peu moins fatiguée aussi et nous avons même pu faire une petite balade à pied jusque un petit port de pêche à environ 1 km de la marina, typique, car s’y entassent beaucoup d’embarcations vétustes de pêcheurs équipées de moteurs diesel hors d’âge (plus de 50 ans), mais qui fonctionnent encore grâce à la débrouillardise de leurs propriétaires. Il faisait beau aussi depuis plusieurs jours et c’est bien agréable. Le bateau était maintenu propre en étant lavé tous les 2 jours pour lui enlever les scories de la centrale électrique installée de l’autre côté de la baie. Nous avons mené aussi une lutte de tous les instants contre les charançons qui ont envahi nos stocks de pâtes, riz et autres.
Nous avons décidé de profiter de ce week-end du 18-19 février avant l’arrivée du prochain front froid lundi.

Nos amis de « Balafenn » sont bien arrivés au Mexique et nous, nous attendons la fin des soins de Captain. En progrès constant, il n’est plus qu’à une séance de pansements par jour. Ti Mouss a fait des miracles avec le stock de matériel que nous avons. Elle a été obligée de se rationner, car ici on ne trouve que peu ou pas de compresses stériles ensachées et elles sont très chères. Nous espérons toujours que nous serons partis d’ici avant le 14 mars, expiration encore une fois du visa de Ti Mouss.

Mais voilà, on ne fait pas ce que l’on veut ! En ce début de week-end tant attendu, samedi 18 février, vers midi, Ti Mouss est prise de violentes douleurs au ventre au niveau du rein droit. Un antalgique puissant Topalgic (équivalent Tramadol) et 1 h 30 plus tard, les comprimés restant sans effet et les douleurs étant insupportables, Captain s’est rendu à la Clinica Internacional, à proximité immédiate de la marina, pour leur demander d’intervenir. À ce moment, Ti Mouss était incapable de se déplacer sous l’effet de la douleur. Vers 14 h, une ambulance avec un médecin de garde de la clinique est arrivée à proximité de notre bateau. Le médecin a débuté sa consultation à bord puis a décidé l’évacuation par ambulance de Ti Mouss vers la clinique. Sur place, Ti Mouss a aussitôt été perfusée et mise sous un puissant antalgique. Le toubib penche tout de suite pour une colique néphrétique.

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129 Cienfuegos Hospital Dr Gustavo Aldereguia Lima Derechos del patienteLes douleurs persistant encore fin d’après-midi, le médecin de garde a alors décidé du transfert de Ti Mouss vers l’Hôpital provincial Dr. Gustavo Aldereguia Lima à Cienfuegos pour examens complémentaires vers 18 h 30, où elle a été prise en charge. En soirée, elle a subi une échographie abdominale sur laquelle est remarquée une dilatation anormale des cavités du rein droit. Perfusée toute la nuit sous antibiotiques et sous anti-inflammatoires et ayant reçu encore une injection d’antalgiques, les douleurs ont semblé s’estomper.

Dans la journée de dimanche 19 février, un autre Urologue a demandé une radiographie abdominale puis une seconde échographie abdominale pour vérifier l’évolution éventuelle de la dilatation de la cavité rénale. Aucune évolution de la cavité n’était sensible, pas de calculs visibles sur les images tant radio que écho. L’Urologue a donc décidé de poursuivre l’observation de Ti Mouss et de la passer en traitements par comprimés. Les douleurs se sont estompées, pas de fièvre, la situation a semblé s’améliorer au point de penser à une sortie dès le lundi matin avec un traitement médicamenteux par comprimés.

Le Lundi 20 février, l’Urologue est repassé, sa sortie était confirmée pour la fin de matinée, mais vers 11 h, Ti Mouss avait de nouveau des douleurs en augmentation, de la température avec 38,2 °C ainsi que des vomissements. Nous avons refusé la sortie et fait rappeler l’Urologue qui, au vu des symptômes a décidé de procéder à une hémographie ou prise de sang préalable à un passage en bloc opératoire pour pose d’un cathéter sur le rein droit, sous anesthésie générale. Les analyses de sang ont été effectuées à l’hôpital en tout début d’après-midi et Ti Mouss a fait son entrée au à 17 h 30.

112 Cienfuegos CHCaptain a été autorisé à rentrer dans l’entrée du bloc pour aider au dialogue entre les infirmiers, l’anesthésiste et Ti Mouss. Elle était terrorisée devant l’état des installations, c’était ce qu’on appelle dans le jargon le bloc Urgences.

Ti Mouss, si sensible aux critères d’asepsie, à son arrivée au bloc, a constaté une asepsie limitée au minimum, plafonds, murs et sols en béton brut peints il y a plus de 20 ans, ambiance de sous-sol d’immeuble pas entretenu ni propre, gants réservés uniquement au médecin intervenant, matériels désuets ne fonctionnant pas pour la plupart, brancards datant de Mathusalem, draps de brancard sales et déchirés, infirmiers et anesthésiste avec des tenues à peine bonnes pour faire des chiffons à poussière, outils, pinces et clamps, manipulés sans gants, stockés en vrac dans un pot, personne ne se lave les mains, salle de réveil à deux lits ressemblant plus à un débarras, perches à perfusion dégoulinante de rouille, poches de glucose accrochées au téléviseur... Tous placards et chaises métalliques rouillés.
Pour le reste, ce sont interrupteurs ou prise arrachées des murs, fils électriques apparents dénudés, climatisation rouillée dégoulinante de flotte sur le sol, robinets qui fuient partout, chasses d’eau ne fonctionnant pas, absence de pomme de douche, canalisations eaux usées crevées dans le vide sanitaire sous RDC de l’hôpital, ambiance hôpital années 50... Il faut aussi acheter le papier toilette en ville et les bouteilles d’eau, car ce n’est pas fourni... et aussi énormément de gens... qui ne font rien.

116 Cienfuegos CHTi Mouss a donc demandé à sortir de cet endroit...mais elle est passée sur la table quand même ! L’opération terminée à 18 h 15, l’urologue s’est précipité hors du bloc dans sa tenue de combat avec ses bottes pour exhiber devant Captain une éprouvette remplie de… pus, et exprimer bruyamment sa satisfaction, il avait vu le calcul lors de son intervention !

Ti Mouss est sortie de la salle de réveil à 19 h 30. Reconduite en chambre, pavillon des étrangers, elle a alors été replacée sous perfusion avec un antibiotique puissant, la Ciprofloxacine. Elle a du encore rester hospitalisée plusieurs jours en attendant que soit pratiquée la pose d’une sonde qui devra être retirée plusieurs semaines plus tard dans le même hôpital et une lithotripsie pour détruire le calcul.

Mais les jours suivants, Ti Mouss avait toujours beaucoup de température ainsi que de fortes douleurs et l’urologue de garde l’a transférée au bloc encore une fois pour déboucher le cathéter et lui poser une autre sonde. Elle a refait encore une échographie et une radio abdominales. Ils lui ont trouvé aussi un calcul dans le rein gauche... C’est une machine à calcul !
Elle en a eu un peu marre de toutes ces galères. L’urologue a ensuite demandé un scan, mais les 3 scans de l’hôpital étaient en panne et el l’a passé dans un hôpital pédiatrique pas très loin, sans injection de produit de contraste. Là, un gros calcul de 10 mm a été localisé à l’entrée de l’uretère droit et le médecin a enfin décidé le traitement par lithotripsie… à La Havane. Eh oui, il n’y avait pas ce type d’équipement à Cienfuegos.

En attendant, elle a pu sortir de l’hôpital le 28 février et retourner à bord du bateau. Nous avons alors attendu le coup de fil de l’hôpital de Cienfuegos qui coordonne le transfert vers un hôpital de La Havane... la semaine suivante.

Entretemps, nous avons eu la visite éclair de Laurence et Philippe, en voyage à Cuba et nous avons pu déjeuner ensemble et passé un agréable moment.

Puis, le médecin nous a fait encore un certificat médical pour pouvoir proroger encore nos visas de 2 mois si nécessaire et nous avons encore dû aller dans les bureaux de l’immigration pour cela. Finalement, nous avons su la veille que nous devions être à La Havane le lendemain à 10 h ! Nous avons donc demandé une ambulance qui est venue à 6 h le mercredi matin à la marina pour arriver à l’Hôpital Los Hermanos Ameijeras à La Havane à 10 h. Ti Mouss a vu ensuite des médecins, subi des examens le jeudi et a fait sa lithotripsie le vendredi matin. Le samedi, une dernière échographie et une radio ont permis à l’urologue de conclure que le calcul avait bien été réduit en poussières plus ou moins grosses qui restaient à expulser naturellement. Nous avons donc repris l’ambulance samedi après midi pour rentrer sur Cienfuegos. Elle avait toujours son cathéter entre le rein droit et la vessie pour garantir le bon fonctionnement du rein et nous devions reconsulter ici à l’hôpital le samedi 24 mars. Nous nous sommes alors un peu reposés et nous avons commencé à préparer le bateau pour le retour vers la Martinique.

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Ti Mouss a donc revu son urologue qui a décidé de lui retirer le cathéter jeudi 4 avril avec passage en bloc sous AG. Et Captain, pendant ce temps, ses cicatrisations se sont aussi terminées, plus de 2 mois, enfin !

Nous devons remercier pour leur dévouement et leur gentillesse tous les personnels de la salla 4 B de l’Hôspital Dr Gustavo Aldereguia Lima, médecins, infirmières, cuistot, femmes de ménage. Quelle équipe !

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Nous savons déjà que la route sera longue vers la Martinique avec les vents contraires, et nous pensons que nous mettrons environ 3 semaines pour rentrer.

179 CienfuegosNous voudrions beaucoup revenir à Cuba, car les gens nous plaisent beaucoup. Nous marchions un soir dans le quartier à côté de la marina, nous sommes arrêtés pour flatter un chien que nous connaissions, sa propriétaire est sortie sur le pas de sa porte, nous avons commencé à discuter, elle nous a fait ensuite entrer chez elle, nous a offert un café, un cafecito comme on dit ici, et nous sommes restés à converser pendant plus d’1 h.. Voilà ce que nous aimons.

Nous commençons à connaître pas mal de gens d’une gentillesse extraordinaire. On nous apporte des fruits, des légumes, même du pain... Ces Cubains sont adorables, sortis du contexte du tourisme. Nous marchons souvent le soir jusqu’à la pointe de Punta Gorda où nous retrouvons Sergueï, le gardien d’une maison (école) en bois devenu dangereuse depuis le dernier cyclone et palabrons sur sa terrasse. Nous avons été invités chez des amis à lui pour célébrer l’anniversaire du grand-père et avons passé une super journée. Nous prenons aussi souvent un cafecito dans la maison d’Isabel et Israël à côté de la tienda où on prend le pain entre la marina et l’hôtel Jagua. On ne paye plus le pain d’ailleurs, on nous le donne. Luis, qui travaille dans cette tienda nous a invité chez lui et nous avons fait la connaissance de sa famille. On marche aussi souvent juste pour acheter une glace et parler avec les gens que l’on croise. Depuis 2 mois, nous utilisons toujours le même chauffeur de taxi, Giuseppe ou Pepe, cela crée des liens, c’est sûr. Il faudrait parler aussi de Daïmé, la camerara de l’hôtel Jagua, de Pan que nous surnommions « Barracuda » qui travaillait à la marina et qui nous a fait faire la connaissance de sa famille, de Ramiro et de sa gentillesse, et de beaucoup d’autres. Une vie paisible en somme !

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C’est vrai que l’administration est toujours aussi pesante, mais on s’y fait avec le temps, on apprend à attendre.

Cela dit, Ti Mouss est enfin sortie une dernière fois de l’hôpital le 6 avril après retrait du cathéter qu’elle avait encore depuis tout ce temps. Elle a enfin respiré, c’était terminé... pour une affaire qui a commencé le 18 février !

Ti Mouss allant dépasser 120 jours de présence à Cuba et sa carte expirant le 13 avril, il a fallu demander une autorisation spéciale à l’immigration à La Havane que nous avons obtenue... pour 2 mois de plus. Nous nous sentons bien ici, très bien même, il va pourtant falloir partir...

Le bateau est nickel encore plus que d’habitude, les cabines ont été encore refaites, les cales nettoyées et asséchées, des ris changés, la coque impeccable après le passage de Ramiro, le pont aussi et les bordés après la découverte d’un produit pour toilettes à 2 CUC le litre, le Crisol. Le bateau est prêt comme pour un boatshow. Les voiles ont bien sûr été nettoyées. Il n’y a que la machine à laver qui refuse d’effectuer son service, mais on n’en parle même plus ! Nous avons aussi organisé une grande chasse aux charançons et revisité ainsi tous les coffres à vivres. Outre la tuerie organisée par Ti Mouss à coups de bombes insecticides, y compris dans les cales, nous avons pu ressortir des oubliettes des boîtes de poulpe, de coque, de moules du Portugal et des tas de terrines et de tapenade qu’il va bien falloir se manger ! Donc, on est coincés, on est obligé de prendre l’apéro de temps en temps pour alléger le bateau !

Les au revoir ont été émouvants, tous attendent que nous revenions ! C’est avec le moral un peu en berne que « Ti Corail » part dans le sens opposé de celui de la route de « Balafenn »... Mais faut y aller !

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La Marina Marlin de Cienfuegos cuba

131 Cienfuegos- Approche : facile de jour comme de nuit (l’Operativo de la marina travaille 24 heures sur 24). Le chenal d’entrée de la baie est particulièrement bien balisé de jour comme de nuit. Entrée et sortie de nuit y sont faciles, comme à l’école.

- Contact : VHF 19 - Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- Amarrage : au mouillage sur ancre ou à quai selon les disponibilités. La marina ne comporte qu’une vingtaine de postes d’amarrage, lesquels sont pour moitié occupés surtout en fin de semaine par les catamarans et voiliers d’une société de location Platten Sailing. Les tirants d’eau sont limités entre 2 m et 2,80 m selon les postes d’amarrage et inscrits en jaune sur le quai à chaque poste.

En décembre et Janvier, il est très aisé d’y avoir une place à quai, mais la saison avançant, cela devient impossible autrement qu’au mouillage sur ancre (toujours 5 à 6 bateaux au mouillage au minimum).

2012FEV22 Vue satelliteIl est très sage de s’amarrer des 2 bords pour se tenir écarté du quai en béton et de sortir tous ses pare-battages, en particulier lors du passage des fronts froids (FF). Les postes d’amarrage sont bien protégés des vents dominants de Nord-Est par le rivage tout proche. En revanche, lors du passage des FF qui durent généralement 48 H, les vents viennent successivement du SW, puis W, NW et enfin N puis NE, et font lever la mer dans la baie de Cienfuegos. Les postes d’amarrage y sont alors très exposés et les bateaux très secoués. En 4 mois de présence, le FF le plus violent a donné des vents de 40 nd. Il se caractérise par une baisse régulière de la pression atmosphérique jusqu’à la plupart du temps environ 1013 Mb, le champ de pression normal se situant entre 1016 et 1020 Mb, puis une remontée franche de la pression à ses valeurs normales. Quand il arrive qu’une dépression soit associée à ce front froid, la pression peut dégringoler jusque 1006 Mb, indépendamment de la marée barométrique de 3 à 4 Mb. De fortes pluies et de violentes rafales annoncent l’arrivée du front et le passage des vents au NW annonce son évacuation avec un ciel dégagé. Ces fronts froids quittent généralement les côtes du Texas et mettent 48 heures pour parvenir à l’ouest de Cuba, 24 heures encore pour le Centre de Cuba puis 24 heures encore pour l’Est de Cuba.

Les prix sont identiques pour les monocoques et les catamarans et comprennent l’eau et l’électricité. Ils sont de 0,5 CUC par pied par jour en dessous de 30 jours, puis dégressifs selon la durée de présence (0,15 CUC au mouillage sur ancre). Les paiements peuvent se faire par Carte de Crédit ou en espèces. Quatre employés (Operativo) se relaient 24 h sur 24 tous les jours pour le fonctionnement de la marina. Un seul d’entre eux a réclamé le paiement d’une propina (pouvant aller jusqu’à 10 % de la facture due. Il est d’usage de refuser ce genre de pratique et les petits " regalo " destinés à des personnes ayant pris un soin particulier de votre bateau demeurent de l’initiative du propriétaire du bateau concerné.

- Elec (110 V - 220 V - 60 Hz) Prises US, sinon les 3 fils une fois étamés rentrent parfaitement dans les orifices prévus, jamais eu de coupure en 4 mois !

- Eau potable (gratuite) à quai. De visu, elle est claire. Après passage dans un filtre type piscine avec cartouche standard 10 pouces à 5 microns avant remplissage des réservoirs, il y a quand même pas mal de poussières marrons. Le dernier passage dans un filtre céramique à 0,2 micron pour faire l’eau de boisson montre qu’il y a encore pas mal de saloperies puisqu’il faut nettoyer le filtre après avoir fait 15 litres d’eau de boisson, la céramique étant colmatée avec une boue hyperfine qui pourrait s’agréger et faire des beaux calculs dans vos reins de touristes.

- Diesel ; sur le quai. 1,20 CUC le litre. 0,99 CUC à la première station à moins d’un km de la marina.

156 Cienfuegos- Formalités d’entrée : La marina comprend des bureaux pour les représentants des administrations présents 24 h sur 24 (Douanes, Immigration, Guarda Fronteras qui sont aussi capitaine du port) et contacte aussi la personne pour le contrôle sanitaire. Tous très sympa et décontractés. Les formalités sont plus simples qu’on ne le penserait. Arriver en arborant son pavillon de quarantaine ainsi que le pavillon cubain bien sûr. L’operativo et les autres services vous prennent les amarres, beaucoup mieux qu’à la Rochelle aux Minimes. Ensuite, il faut attendre l’arrivée de la personne du contrôle sanitaire du port de Cienfuegos qui pose qq questions sans visiter coffres ou frigos. Durée 15 minutes avec un café, coût 5 CUC. On peut enlever la quarantaine. Ensuite Douanes et Immigration montent à bord pour leurs papiers et établir les visas ou cartes de touristes, coût 20 CUC pour les Douanes, 40 € pour les visas. Ensuite, c’est le tour des Guarda Fronteras avec les chiens pour inspection du bateau. Les GF vous remettent ensuite le certificado de despacho internacional pour l’entrée, l’acta de resultado de la operacion de sondeo (papier disant que le bateau est clair pour les chiens) et la listado de tripulante (liste d’équipage), le tout gratuit ! Le lendemain, la marina vous fera signer et accepter un contrat de services avec détails des tarifs et services. Les formalités sont réglées en un peu plus d’une heure.
Pour le paiement, arrivant sans CUC, une fois les formalités effectuées, on donne les 40 € à l’operativo qui détient et vend les timbres (sellos) pour les cartes de touristes. On va à l’hôtel Jagua pour faire un peu de change et on revient payer les administrations avec les CUC tous neufs.

- Formalités de sortie : Pour la sortie, prévenir l’operativo de la marina et le payer 24 heures avant l’heure de départ prévue (prévoir 10 CUC de timbre fiscal à acheter à l’operativo de la marina). Les autres formalités ne peuvent être enclenchées par le bureau de la Capitania del Puerto (en réalité le Guarda Frontera dans son bureau à la marina) que lorsque l’operativo lui a donné le papier lui certifiant que le bateau a payé tout ce qu’il devait. Il faudra voir les Douanes qui remettent un papier de sortie, remettre les passeports à l’immigration de la marina une heure avant le départ.
Au moment du départ, les Guarda Fronteras viennent à bord pour une visite du bateau (sans les chiens) et remplir des papiers. Ils vous remettent aussi l’essentiel, le despacho de sortie internationale.

-Sanitaires : 3 douches froides comprenant WC, entretenus deux fois par jour, alimentées par gravité par des réservoirs à 2,50 m de hauteur, donc pression très faible…

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174 Cienfuegos- Les facilités : Pas d’Internet ; un bar où il est aussi possible de manger des assiettes raisonnables pour 3 CUC, la bière étant à 1 CUC. De façon générale, les tarifs pratiqués sont très raisonnables. Les personnes qui s’en occupent sont très sympas. Toutefois, ce lieu étant l’un des endroits où il est possible de se divertir, le bar affiche complet quasiment tous les après-midi avec une clientèle de Cubains et Cubaines qui ont des CUC ; les femmes de ménage de la marina peuvent assurer des lavages de linge ou autres services d’entretien sur demande.

165 Cienfuegos- Pas de ship mais il est possible de se faire aider en cas de problème par le chef de base DreamYacht à côté de la marina.

- Pour le cash, sortir de la marina et prendre à droite vers l’Hotel Jagua à 300 m où on peut changer de l’argent à la réception (Taux 1 euro = 1,20 CUC) ou aller en ville dans les deux ou trois banques accessibles, le taux y est plus favorable (1,26), mais ne pas oublier de présenter son passeport. Éviter aussi les petites coupures en Euros ou dollars, car ils relèvent à la main tous les numéros des billets.
Il faut aussi aller dans les Casa de Cambio ou Cadeca pour changer des CUC en Pesos Cubanos Nacional (1 CUC = 25 pesos Cubanos).
On utilise les CUC ds les restaurants, les hôtels, supérettes, services et boutiques qui ressemblent à ce que l’on connaît.
On utilise les pesos cubanos pour les achats au marché (agromercado), les achats de fruits ou légumes aux vendeurs de rue, le pain et les œufs dans les tiendas ou bodegas qui normalement ne servent que les Cubains avec leur carnet mensuel (la libretta). Il existe par exemple une bodega ds la rue qui mène de la marina à l’hôtel Jagua où on peut vous servir du pain et des œufs.

- Pour aller en ville ; 45 min à pied ou prendre un bycitaxi ou un taxi (2 CUC le jour, 3 CUC la nuit).

- En ville on trouve un marché bien garni selon la saison, des supérettes qui vendent un peu toutes la même chose et autres boutiques, principalement dans le quartier autour de la rue piétonne (le boulevard) qui mène à la place Jose Marti.

-155 Cienfuegos Avitaillement : fruits et légumes dans la rue, le reste dans les supermarchés, mais aussi dans le jardin d’Omar à 500 m de la marina.

- Sortir de Cienfuegos, on peut prendre des bus à la station principale en ville, qui vous emmènent pour 24 CUC à La Havane ou un taxi qui va vous prendre 25 CUC pour 4 personnes. Le taxi vient vous prendre à la marina et c’et sans doute mieux. D’expérience, il faut quand même regarder de près l’état du véhicule et ne surtout pas s’attendre à rouler dans une voiture chinoise récente. Voiture de loc à 100 CUC par jour.

CONCLUSION :

Cienfuegos est sans doute le port le plus agréable de la côte Sud ou relâcher pour rayonner dans Cuba, même y laisser son bateau pour rentrer qqs mois. La population y est très accueillante et chaleureuse pour peu qu’on lui accorde de l’intérêt, qu’on fasse l’effort de parler un peu espagnol. La ville est très agréable, très propre, tranquille, loin de la surexcitée La Havane et des assauts touristiques que vivent d’autres villes telles que Trinidad. Aujourd’hui, les Cubains ont aussi accès au CUC. Des petits business ayant été autorisés, la multiplication des casas particulares, le mercado negro essentiel pour trouver tout ce que le gouvernement ne met pas dans les rayons, développent une relation nouvelle à l’argent (dinero) pour beaucoup de Cubains. Toutefois, les paysans (campesinos) demeurent très pauvres ainsi que les employés de bas niveau (salaire entre 250 à 300 pesos cubanos par mois). À la marina, le chef douanier en fin de carrière, après des études universitaires, ne gagne que 440 Pesos Cubanos, le prof d’université 15 CUC, le médecin, 30 CUC. En somme, le pays est en train de changer, chaque jour un peu. La nouvelle relation à l’argent va s’ils n’y prennent pas garde détruire des valeurs qui existent encore chez eux, plus chez nous, à savoir, une solidarité tout court et une solidarité intergénérationnelle exceptionnelle, la gentillesse et la courtoisie. Deux populations vont naître, une encore plus pauvre qu’elle n’était, et l’autre plus riche. La plupart des familles ont leurs enfants à l’étranger et beaucoup nous envient notre facilité à entrer et sortir de tous ces pays.

Du point de vue touristique, rien de plus que dans le guide du routard. Toutefois, pour les marins, les jardins de la Reine (à l’intérieur) nous ont personnellement déçus : cayes essentiellement couvertes de mangrove, quasi pas de plages où débarquer, eau trouble, mais poissonneuse. L’intérieur des cayes offre des abris nécessaires, car 25 nd pendant 3 jours est une situation courante. Ces abris dans les cayes comme Cayo Cuervo ou algodon grande ont des fonds vaseux qui facilitent les dérapages. Expérience vécue, on ne dérape pas pendant 2 nuits avec 25 nd, mais on dérape la 3e toujours avec 25 nd. Comme quoi, on n’est jamais à l’abri. L’extérieur de la barrière des jardins de la Reine est plus intéressant pour la clarté de l’eau et les mouillages, mais la vigilance reste de règle.

 

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