logoarticle   20/07/2012

 

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- « Ti Corail » en nav Cuba vers Martinique -- Cuba, Haïti, Rép. Dominicaine, Porto-Rico, Iles Vierges US, Saba, Guadeloupe, Martinique



Lundi 23 Avril 2012 Transit Cuba Cienfuegos vers Martinique le Marin : cuba

L 14° 28,04'N -- G 060° 52,48'W - 1 871 milles parcourus
Cuba, Haïti, Rép.Dominicaine, Porto-Rico, Vieques, Saba, Saint-Kitts, Guadeloupe, Dominique, Martinique

Ainsi, nous sommes bien partis de Cienfuegos le lundi 23 avril à 11 h, derrière un front froid très puissant pour nous assurer 2 jours de portant. Les premières 24 h se sont bien déroulées, mais au lieu d’avoir du NW, nous avons eu du SW, c’était bien quand même et avons parcouru 146 milles. Mardi soir, surprise à 12 milles du Cabo Cruz, le vent de NNE est monté en cinq minutes de 10 à 35 nd établis toute la nuit. Prise du deuxième ris un peu en catastrophe avec la peur de casser et nous voilà partis à 8 nd espérant s’abriter derrière le Cabo Cruz. Que nenni ! La fête a duré toute la nuit et nous avons fait un peu de moteurs pour tenter de nous abriter à proximité de la côte. La mer était plus facile et nous avons pu ainsi faire de l’Est sous voiles jusque environ 8 h puis pétole ! Nous avons alors décidé de nous reposer et d’aller mouiller dans la petite baie de Marea del Portillo au SE de Cuba 30 M derrière le Cabo Cruz. Nous y sommes arrivés à 10 h le 25 avril. 1re visite des Guarda Fronteras à 13 h alors que nous dormions. Ils nous expliquent que l’on ne va pas pouvoir rester bien que l’on nous ait dit le contraire à Cienfuegos. On tergiverse et on n’exécute pas leurs ordres de dégager. Ils reviennent à 17 h pour nous faire dégager ! Nous sommes donc repartis en mer sur un moteur avec pétole... vers l’Est évidemment. La bonne surprise entre Cabo Cruz et Chivirico a été la présence de brises de N ou de S suivant l’heure et de courant portant à l’E entre 1 et 2 M de la côte, nous permettant de gagner dans l’E. En revanche, à l’E de Chivirico, le courant devient contraire et porte à l’ouest entre 1 et 2 nd. La journée de jeudi 26 a été correcte en longeant la côte sud de Cuba jusqu’à Santiago avec des vents de N, de S et même du courant portant puis nous avons entrepris de traverser jusque Haïti.

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La traversée du Windward passage a été aisée. Nous avons viré vers le large à 10 M dans l’W de Santiago de Cuba, Route fond moyenne au 150. Il a fallu attendre 25 M pour trouver du vent correct d’E. Puis 2 h de vent entre 18 et 20 nd de ENE qui nous ont permis de mieux remonter au 140. Le vent a ensuite faibli avec des moments de pétole et un peu de moteurs. À environ 12 M du cap Dame-Marie, le vent est monté doucement à 14 nd puis de nouveau vent faible à environ 8 M du cap Tiburon. Pétole encore jusqu’à la pointe l’Acabou où nous retrouvons un vent d’E qui va passer rapidement de 15 à 20 nd avec une belle houle SE, c.-à-d. dans le nez !

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Le passage de la Pointe l’Acabou (Sud de Haïti) a été plus coriace par 20 nd d’E et cette houle de SE qui nous a gênés dans les bords vers le S, les bords vers le N étant plus confortables et rapides avec la houle de travers. Un fort courant contraire jusque 2 nd portant à l’ouest a aussi gêné notre progression. Nous avons ainsi tiré des bords pendant 3 h 30 pour parcourir ces 8 M difficiles avant de pouvoir nous diriger vers l’Île à Vache. Les virements de bord vers le S ont été généralement effectués dans les fonds de 20 m à environ 500 m de la côte. Une fois dans les fonds de 10 m, et je ne le referai pas, car la houle puissante de SE y levait des vagues pouvant être dangereuses. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour gagner dans l’Est !

retour cuba haiti


Nous avons passé 2 nuits à l’Île à vache à Haïti. Le mouillage nous a semblé plus propre, les rives dégagées de certaines épaves. Repartis le lundi 30 vers l’E mais la mer était trop forte et nous avons relâché en fin d’après-midi à Grosse caye dans la baie d’Aquin. Mouillage isolé et désert avec des vrais pauvres qui réclament à manger, pas de T-shirts, sans tel portable, et qui ont remercié le ciel pour quelques paquets de gâteaux ou boîtes de conserve.

300 HAITI pecheur devant JacmelNous avons repris la mer le 31 et avons tiré des bords pour faire de l’E avec 15 à 20 nd de vent et une houle de 6 à 8 pieds de SE. Pas le top, mais on n’avait pas le choix. Nous sommes restés à moins de 5 M de la côte, car au-delà les vents et la mer forcissaient notablement et à plus de 2 M de la côte pour ne pas rester planté dans les brises de terre la nuit ; cela donne beaucoup de virements de bord ! Le près, c’est chouette ! On sait que l’on ne progresse pas à plus de 2 nd (par h) dans la direction voulue. Par exemple, ce jour-là, nous avons progressé vers l’Est de 48 M en 24 h ! On a le temps de voir le paysage ! Un peu épuisés, nous avons relâché dans la baie de Jacmel, assez jolie, mais pas très bien protégée, pour y faire une nuit réparatrice. On pouvait croire qu’il y avait une fête foraine avec le nombre de tentes montées à proximité de la plage, mais non. Les tentes étaient des campements provisoires en toile blanche amenés par les Nations Unies pour y abriter les stands du marché. On était tranquille ! Personne ne vient jamais ici, ils vont tous à l’Île à Vache. Pas la queue d’un ti blanc !

Après une nuit merveilleusement reposante, nous voilà repartis jeudi 3 de Jacmel avec du vent de SW ! dans la direction de Isla Beata en Rép. Dominicaine, la bienheureuse. Sans doute ce vent étrangement favorable est-il une faveur de la Virgen de la Caridad, patronne des pêcheurs cubains, dont 2 images nous ont été offertes par une famille cubaine et qui sont bien en place dans le carré de « Ti Corail ». En tous cas, il n’est pas du fait des prévisionnistes météo dans leurs bureaux à Miami. Agnès est heureuse, la mer est belle, il fait beau ! Une embarcation de pêcheurs haïtiens s’est approchée de nous pour nous proposer une dorade coryphène fraîchement pêchée, mais nous la leur laissons. En revanche, nous avons mis une ligne à l’eau ! Cela faisait longtemps que l’état de la mer ne l’avait pas permis, mais cela n’a rien donné.

300 republique dominicaine mouillage isla beataNous avons ensuite relâché le 4 au soir pour mouiller sur la côte NW de l’île Beata en République dominicaine. La partie N de cette côte sous le vent laisse apparaître une longue plage plantée de palmiers sous lesquels se trouve un campement de pescadores avec leurs cabanes construites entre le bord de mer et la falaise corallienne masquée par les palmiers. L’approche est saine dans des fonds qui remontent doucement à moins de 10 m à environ 900 m de la plage et permettent de mouiller à 150 m du bord dans 3 m d’eau claire sur fond de sable. On compte pas moins d’une 30ène d’embarcations avec moteur HB. Certains pêcheurs vivent là avec leurs femmes, mais sans doute sans les enfants. Aucun n’a été vu. Un poste de la Marina Guerra dans un algeco de 40 pieds surmonté du pavillon national se situe au milieu du campement et assure les fonctions de police. 1 h après notre arrivée, 2 personnes sans uniforme ni t-shirt Navy, mais réputées de la Navy se sont approchée avec une embarcation de pêcheurs et sont venues contrôler nos papiers. Examen du despacho de sortie de Cuba, qqs questions diverses sur le bateau, visite du bord accompagnée serrée. Le 1er d’entre eux se tient correctement et nous expliquent leur rôle ici à Beata et nous invitent à les contacter sur le 16 (appeler BEATA, en espagnol, c’est mieux !) qq. soit nos besoins. Le second, avec une mine de mandrero et de moindre tenue nous réclame du rhum et nous barbote la bouteille tandis que nous devisons agréablement avec son compère. Je ne l’ai d’ailleurs pas lâché d’une semelle lors de la visite du bateau, sachant que la moindre inattention allait se conclure par une quelconque rapine de leur part. Sinon, ils nous ont assuré que nous pouvions rester autant que nous voulions sur ce mouillage, sans obligation urgente d’aller ailleurs faire des formalités d’entrée si nécessaires.

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retour cuba republique dominicaine


Nous sommes repartis dimanche 6 au matin en direction de l’île Saona à l’extrémité E de la Rép. Dominicaine. Le vent d’E au départ a molli dans la journée pour devenir inexistant en soirée. Il a fallu mettre un moteur. On en a profité pour faire de l’eau. La nuit a débuté avec l’éclatement de gros orages à proximité de la côte et sur terre et le vent s’est ensuite calé à l’ENE. Nous avons ainsi tiré des bords toute la nuit jusqu’à la Pointe Salina. Le lundi 7 a été meilleur, car nous n’avons fait que 2 bords, tous gagnants avec le vent qui monte ENE jusque 14 h puis vire SE tout l’après-midi. Le mardi soir a aussi été ponctué d’orages avec nécessité de prendre des mesures… Le bateau est parti à 9,6 nd !

Par ailleurs, nous sommes maintenant en mer depuis 2 semaines et les vivres frais deviennent rares. Quelques tomates se battent en duel dans un frigo chaque jour plus vide tandis que 2 choux résistent au temps dans un des coffres. Nous avons appris par Radio La Havane le succès de notre nouveau président aux élections et pu entendre son discours à la Bastille. Que d’émotions ! J’ai fait tout ce que j’ai pu pour essayer d’en savoir plus sur toutes les fréquences de RFI… mais sans succès. On capte très bien Radio La Havane ainsi que Radio Roumanie Internationale en Français lesquelles ont sans doute pris le relais de RFI pour la diffusion de la langue française. Ti Mouss résiste du mieux qu’elle peut à la fatigue et elle est remarquable. Crevée, mais au top malgré un rein droit fragile et sensible, lequel n’aime pas sentir les soubresauts du bateau dans notre course au près et se rappelle à son bon souvenir par des douleurs quasi permanentes. La douleur ne s’estompe quelorsque nous arrivons dans un mouillage et que le bateau ne bouge plus. De plus, elle n’a toujours pas entamé ses patches de Scopoderm… car elle n’a pas ressenti le moindre mal de mer depuis notre départ il y a 2 semaines. Nous ne sommes plus qu’à 500 M de la Martinique et nous capterons très prochainement les émissions radio de nos amis navigateurs sur 6 905 kHz à 8 h tous les matins. Déjà Jean-Yves et Claudine de « Alizé » nous font parvenir des points météo et c’est très sympa.

D’ailleurs, du mauvais temps est annoncé pour la fin de semaine et il faut qu’on se trouve un abri probablement à Saona, île à l’extrémité sud-est de la République dominicaine.

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Nous sommes arrivés au matin du mardi 8 en vue de l’île de Saona. Nous devions nous y arrêter, mais nous avons décidé de ne pas faire de pause et de franchir le passage de Mona vers Porto-Rico puisque les conditions météo étaient bonnes et que cette situation n’allait pas durer. La 1re partie s’est passée mieux que prévue avec des vents de NE pour 10 nd nous faisant faire un long bord au 120 sous l’île de Mona. La mer était belle avec 3 à 4 pieds de houle, Agnès a même fait des yaourts, un délice. Au cours de la nuit, le vent a viré E même force et nous sommes partis sur un autre bord au 040. Mercredi 9, la mer a un peu forci avec de l’E pour 12 nd, l’omelette a failli d’ailleurs quitter la poêle !

retour cuba porto rico

Nous avons continué à tirer des bords sans discontinuer. Nous avons relâché en fin d’après-midi le 09 et mouillé dans la Bahia de Salinas à l’extrémité SW de Porto-Rico pour 1 nuit de repos. Nous allons sans doute butiner ainsi de mouillage en mouillage en attendant une meilleure météo. Nous n’avons pas vu de Coast Guards, il est vrai que nous sommes arrivés à l’heure de Happy Hour. Nous prenons un risque dans les mouillages de nos amis porto, mais ricains, car nous n’avons pas de visa US et je me méfie de la rigueur des administrations anglo-saxonnes même si Porto-Rico, état associé des États-Unis défend avec ardeur son caractère hispanique. Nous verrons bien...

Le lendemain 10 mai, nous sommes repartis vers l’E et avons tiré des bords toute la journée avant de mouiller pour la nuit à Caleta Salinas. Nous avons progressé ce jour-là à 1,93 nd vers l’E !

300 porto rico

Repartis le lendemain vendredi 11 mai à 4 h du matin vers Isla Caja de Muertos à 25 milles dans l’E. Toujours pas de Coastguards ! Aujourd’hui, 25 M à faire vers l’Est, cela veut dire 13 h à tirer des bords. Le matin, nous avons eu beaucoup de grains avec rafales à 25-30 nd, un ciel très chargé, mais qui s’est dégagé l’après-midi. Il faut bien serrer la côte, en plus la mer y est plus plate, le bateau file plus vite et les bords plus serrés. En plus ici, il y a très peu de casiers. Cette île à 7 M dans le SE de la ville de Ponce est isolée et tranquille. Elle présente un mouillage bien abrité des vents d’E et nous avons posé notre ancre sur un fond de sable dans 3 m d’eau turquoise à 150 m d’une petite plage. Le WE, y viennent quelques bateaux à moteur avec le traditionnel frigo box remplie de glaçons, bières et sandwiches pour passer la journée. La météo n’étant toujours pas favorable, nous avons décidé d’y passer tout le WE. Nous en avons profité pour faire une petite réparation sur le Génois. Il faut soigner cette voile, car nous avons encore près de 400 M à parcourir au près sur un total de 1 300 milles. Le plus gros est fait.

Le lundi 14, nous sommes repartis vers la Bahia de Jobos pour y mouiller en soirée. Cette baie est ceinturée de récifs couverts de mangrove et nous avons choisi d’y entrer par la « boca del infierno », tout un programme ! C’est bien le genre de passe dont il faut se méfier, 400 m de large, ouverte en plein sur la houle de SE, un maximum de 3,40 m d’eau relevé en son milieu. Nous avons choisi d’y entrer en route au 300, dans l’axe médian des plus grandes profondeurs, vent arrière, houle de SE entre 1 et 1,50 m. Pour la sortie, le lendemain, nous sommes partis tôt le matin à 7 h sachant que nous aurions encore un vent nul à ce moment-là et ainsi une passe très calme. Nous étions en plus à marée haute (+0,20 m) avec un léger courant sortant de 0,2 nd. Pour ce qui est du mouillage, le top ! La mangrove devant, des usines derrière ! Le rêve ! Plaisir le lendemain matin, nous avons entendu des souffles dans l’eau et nous avons vu… un couple de lamantins allant tranquillement brouter quelque part dans 3 m d’eau.

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Ce mardi 15 matin, nous avons repris la route vers le mouillage suivant, Puerto Patillas. Pas grand-chose sur les cartes, mais on peut noter la présence d’une zone récifale et de mangrove au SE de la baie qui peut procurer un bon abri de tout ce qui vient de l’E ou du SE, là aussi des lamantins ! Il faut se méfier de quelques hauts-fonds, mais qui sont bien signalés sur les cartes et on est allé se mettre tranquillement à l’abri à 200 m du rivage dans 2,50 m. Le mouillage est ventilé, mais le plan d’eau très calme. Puerto Patillas est un petit village bien isolé et tranquille sur cette côte SE de Porto-Rico. Autant dire que nous n’avons encore pas vu ici ni Coastguards ni rangers ni police !

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Jeudi 17, 6 h, nous nous sommes lancés dans la traversée de 60 milles vers l’île de Sainte-Croix (Îles Vierges Américaines), mais devant la météo et la dureté de la mer, nous avons modifié nos plans et raccourci le trajet en nous dirigeant vers l’île de Vieques (Îles Vierges Espagnoles, cédées avec Porto-Rico par l’Espagne aux États-Unis au traité de Paris qui mit fin à la guerre hispano-américaine en 1898). Les grains se sont enchaînés toute la journée et le ciel est demeuré couvert. Nous avons vu pour la 1ére fois depuis longtemps des dauphins accompagner « Ti Corail » sur sa route. Que du bonheur ! Nous sommes arrivés à 18 h au mouillage de Punta Arenas de l’île de Vieques. Le mouillage est bien abrité des vents d’E, mais la houle de SE arrive à contourner la pointe SW de l’île créant une onde pour vous bercer ou vous bousiller le dos, au choix !

Le lendemain, vendredi 18 mai, nous avons parcouru une douzaine de milles au près pour rejoindre un autre mouillage de la côte S de l’île Vieques, Bahia Chiva. Encore un mouillage désert, mais on peut noter la présence de quelques baigneurs à la peau bien blanche, sans doute quelques touristes en vacances au village principal de l’île.

La houle de SE rentrant encore un peu dans ce mouillage, nous avons parcouru quelques milles de plus le samedi 19 pour rejoindre le mouillage de Bahia Salina del Sur, le plus à l’est de l’île. Nous y sommes restés vraiment seuls, sans âme qui vive. Seul un gros barracuda de plus d’1 m de long a élu domicile dans l’ombre protectrice sous le bateau. Je suis allé visiter la coque pour la nettoyer... seulement un petit peu avec ce prédateur à 3 m de distance, calme, stable dans l’eau et sans un mouvement, légèrement incliné vers le bas, sa grande gueule entrouverte montrant ses redoutables dents acérées, mais ne me perdant pas de vue. Heureusement, dans les Caraïbes, les barracudas n’ont pas la réputation d’attaquer l’homme contrairement à leurs congénères du Pacifique. Les prévisions météo n’étant toujours pas favorables, nous avons reporté encore notre départ. Nous en avons profité pour nous reposer. De plus, Agnès souffre toujours par moments encore de son rein droit avec des poussées de température inexpliquées. Dès que nous serons en Martinique, elle pourra faire les examens nécessaires, elle en a un besoin de plus en plus urgent. Lundi 21 toujours au mouillage ! La météo nous donne la surprise du jour, la première tempête tropicale, ALBERTO, au large de la Géorgie et faisant route au S ! A priori, nous ne sommes pas concernés, mais la saison cyclonique n’est même pas commencée officiellement ! Cela promet.

Une semaine d’attente à Isla Vieques et la fenêtre météo est enfin là : 5 jours de vent 10-15 nd E à SE ! Nous sommes donc repartis à tirer des bords le samedi 26 mai à 4 h en direction de Saint-Kitts, mais dans une mer maniable. Agnès ne souffre pas, le bateau non plus. Nous épuisons les dernières boîtes de conserve de ce que Agnès préfère : jarret aux lentilles, saucisses de Toulouse aux lentilles, cassoulet... Autant dire qu’elle est passée sur yaourts maison, le seul truc qu’elle réussit à avaler. La pénurie de cigarettes menace aussi, la situation devient grave !
Nous devrions être à Saint-Kitts lundi soir... les 1res courses ainsi que les 1ers pas à terre depuis 37 jours (depuis le départ de Cienfuegos) : eh oui ! À Vieques, nous n’avons pas mis le dinghie à l’eau, les rives et plages comportaient des panneaux tous les 200 m, Interdiction de débarquer, danger explosifs. La moitié E de l’île est un ancien terrain d’essai de divers joujoux de l’Armée américaine. Ils sont partis depuis les années 2000, mais le terrain n’est pas nettoyé des résidus de leurs jouets et interdit au public.

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Nous avons fait une pause sommeil à l’île de Saba le dimanche 27. Cette fois, le mouillage était bien protégé et nous avons pris une bouée au pied du volcan.

300 nav vieques saba

Nous sommes repartis le lundi vers Saint-Kitts et son mouillage de Basse-Terre. Hélas, à l’arrivée, nous nous sommes aperçus que ce mouillage n’était pas bien protégé (le mouillage n’était d’ailleurs occupé que par un seul bateau) et nous avons du pousser plus loin vers le mouillage de White House Bay, occupé par une dizaine de bateaux. Nous y sommes arrivés à la tombée de la nuit. À noter cette année que ce mouillage est nouvellement équipé de quelques bouées.

300 montserrat vue sous le ventAprès une bonne nuit de sommeil, nous sommes repartis de l’île Saint-Christophe (Saint-Kitts) le mardi 29 mai vers Deshaies en Guadeloupe en espérant que les vents nous permettraient de ne faire qu’un seul bord jusque Deshaies. On pouvait toujours rêver ! Les cartes, les fichiers météo et le CROSS Antilles Guyane nous prévoyaient du vent d’ESE, mais nous avons eu de l’ENE pendant tout le parcours. Le vent est demeuré raisonnable entre 13 et 15 nd entre Saint-Kitts et Montserrat alors que nous étions avec toute la grand-voile. Nous sommes passés sous le vent de cette île volcan, ce dernier étant en faible activité puisque le panache de fumée émanant de son cratère était réduit par rapport à l’année passée. Passée l’île de Montserrat et pris un ris par précaution, le vent a forci entre 18 et 23 nd avec une mer peu agréable et nous avons dû enrouler un peu de Génois pour réduire les contraintes sur le bateau. Le vent a adonné plusieurs fois nous remettant sur la route alors que le courant nous emportait au SW de telle façon qu’il nous a amenés gentiment à 5 M dans l’W de Deshaies. Nous avons mis les moteurs pour parcourir ces derniers milles et arriver dans le mouillage. Il a fallu faire quelque peu attention, car il était près de minuit, ciel clair, mais avec une Lune en train de se coucher et éclairant peu le plan d’eau, et nous craignions la présence des bouées de casiers des pêcheurs Guadeloupéens. Nous sommes rentrés dans le mouillage, Agnès éclairant l’avant du bateau avec un gros projecteur, pour nous trouver une petite place parmi, oh surprise, une vingtaine de bateaux déjà présents.
La pioche était posée sur le fond du mouillage de Deshaies en Gwada à 1 h et nous soulagés et heureux que le vent nous ait couverts de ses faveurs au cours de cette journée de navigation.


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300 deshaies victor agnes

Il nous a fallu parcourir 1 725 milles pour retrouver une terre française et la fouler de nos pieds après 38 jours de mer sans mettre pied à terre ni prendre un quelconque complément d’avitaillement. Le soleil levé, nous avons redécouvert ce mouillage, le plus réputé de la côte sous le vent de la Guadeloupe, bien protégé par le Gros-Morne, son village charmant s’étalant au fond de l’anse et arborant fièrement son clocher. Nous avons ainsi fait à Deshaies notre premier retrait carte bleue depuis plus de 6 mois et nos premiers achats, salade verte, viande fraîche, du pain... extraordinaire ! Nous y sommes restés jusqu’au WE en particulier pour y revoir Victor ainsi que d’autres amis guadeloupéens connus il y a 2 ans, Antonin et Gervais, Édouard et Fabienne du restaurant La Kaz. Nous avons aussi retrouvé les plaisirs de la table française et antillaise.

Nous avons quitté Deshaies en Guadeloupe le dimanche 3 juin pour faire une halte sommeil le soir même dans l’île de la Dominique au mouillage de Porsmouth dans Prince Ruppert Bay. Navigation voiles et moteurs sous le vent de l’île, les 10-15 nd annoncés par la météo se sont révélés être 20 nd établis dans le canal des Saintes (survente de la pointe Sud de basse Terre), une fois passée la pointe du Vieux-Fort, mais d’ENE au lieu de Est, super ! Le bateau a continué à bien tracer sa route ainsi sous le vent des Saintes. Vers 13 h, alors que le vent était descendu aux environs de 12 nd au Sud des Saintes et que nous téléphonions aux parents, le bateau s’est trouvé brusquement ralenti, les 2 safrans pris dans plusieurs filins de pêche flottants en surface, à la dérive et de plusieurs centaines de m de long ! 3 min plus tard, le bateau s’est heureusement dégagé tout seul et il a aussitôt repris de la vitesse. Le vent est de nouveau monté à environ 8 M de la pointe Nord de la Dominique (les habituelles surventes des pointes) et nous a permis d’entrée dans Prince Ruppert Bay vers 16 h. Nous avons encore tiré un bord dans la baie pour nous payer le luxe d’une arrivée et d’un mouillage à la voile, lequel s’est bien déroulé (affalage GV et pose de la pioche simultanés) à ceci près qu’il a fallu remonter l’ancre, car nous avions le sentiment d’avoir nos jupes un peu trop près d’une bouée. C’était bien quand même, on s’amuse comme on peut !

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Une bonne nuit de repos et nous avons repris la route lundi 4 juin vers la rade de Saint-Pierre en Martinique à 55 M de là. Là encore, navigation voiles et moteurs sous le vent de l’île, avec de belles vitesses entre Mahaut et Salisbury puisque 16 nd de vent de travers et un plan d’eau calme. À la pointe Sud de l’île et l’entrée dans la survente qui l’accompagne, nous avons fait une pointe à 8,6 nd avec 25 nd de vent sous un ris. Le vent est tombé à 14 nd dans le milieu du canal de la Dominique avant de remonter à 18-20 nd à l’approche du Cap Saint-Martin au nord de la Martinique. Nous avons été accueillis par un groupe de dauphins un peu avant la commune du Prêcheur dont certains nous ont régalé de leurs sauts à la verticale et de leurs coups de queue sur les vagues, ce qui n’est pas commun. Ils ont sans doute fêté ainsi le retour d’Agnès dans les eaux martiniquaises. Mouillé à la voile 50 m à Saint-Pierre au NW de la Martinique.

9 h lever d’ancre pour la destination finale Le Marin, régler tous les soucis et reprendre sereinement les flots... Mais cette nav n’a pas été de tout repos : avec du vent d’E force 6, qui nous force à réduire. Nous tirons nos derniers bords pour passer la Pte du Diamant avec 25 nd de vent et une mer bien levée. 15 h, Passage de la 1re bouée du chenal du Marin ! Affalé les voiles. 15 h 48, mouillé 40 m au Marin au SW de la Martinique. On y est ! Une bonne surprise nos copains bateau « Cocktail » sont là !


168 bords depuis départ.

Distance parcourue totale 1 871 Milles en 28 jours de nav (390 Heures) (1 323 milles en trajet direct papier)


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